Ah les papas, les bons, les gentils papas.... Moi grâce à mon père qui était cuisinier à la maison de la radio et bien j'ai appris... à faire les omelettes. C'est pour ça, et pour bien d'autres choses que j'aime mon père.

Comme beaucoup d'enfants, ou en tous cas comme mes frères et sœurs, qui eux aussi aiment leurs papas. 

Un peu comme moi, j'aime mon papa.

Je vous rassure tout de suite, je l'aime, mais pas au point de verser dans la pathologie qui conduit certains adultes à glisser dans la conversation "papa dit toujours" ou "lorsque papa a réussi Polytechnique...". 

Non quand j'évoque mon père, je ne dis pas “papa“. 

Je dis “mon père“, et en plus il n'a pas fait Polytechnique. 

Mon père a immigré en France pour trouver du travail et permettre à ses enfants de sortir de la cuisine pour vous parler de lui ce matin à l'antenne. 

Ça devait être ça, le projet secret de mon père, que je puisse un jour vous parler de lui à l'antenne. Ce que je fais ce matin. Je vous dis ça, mais si ça se trouve, il s'en fout. 

Ce qui, quand on le connaît un peu est plus que probable.

Hier, c'était la fête des pères. Je ne lui ai pas fêté, parce qu'il est comme moi, de ça aussi il s'en fout un peu. Il n'a pas besoin d'une fête pour savoir qu'on l'aime et moi je n'ai pas besoin d'une fête pour lui dire que je l'aime. 

Je n'ai pas non plus besoin d'un test ADN pour l'aimer, ni besoin de savoir que son sang coule dans mes veines. 

Et même si comme me l'avait dit Aurélie Latraye en CE2, "mon père m'avait trouvé dans une poubelle" et bien cela ne changerait rien, je continuerai d'aimer mon père. 

Hier, à l'occasion de la fête des pères, tout un tas de militants faisandés ont instrumentalisé l'amour que l'on peut avoir pour son père, pour lutter contre la PMA pour toutes. 

Pas la PMA pour ceux qui y ont déjà droit, non, la PMA pour toutes ; pour toutes ces femmes qui souhaitent avoir un enfant et qui n’en ont pas encore le droit. 

Et c'est à cause d’eux que je me suis posée la question : 

Comment pourrais-je être pour la PMA pour toutes et priver tous ces enfants de la présence d'un père, qui par le truchement de la procréation médicalement assisté leur ont donné la vie, ou tout au moins un spermatozoïde ? 

Et bien tout simplement, parce que j'aime tellement mon père, que je me contre-cogne le plus sincèrement du monde de savoir s'il est ou non, mon père biologique. 

Et pour tout vous dire, je l'aimerais tout autant s'il s'était appelé Jacqueline, Bénédicte ou Salima. 

Parce que franchement, ce que mon père a dans la culotte ou pas, je m'en contre-fiche également.

J'aime mon père parce qu'il a toujours été là, près de moi, qu'il m'a appris à faire des omelettes et qu'il avait peut-être le projet secret que je vous parle de lui, depuis la maison ronde dans laquelle il éminçait des oignons. 

Finalement la seule chose que je puisse souhaiter à tous les enfants du monde, qu'ils soient issues d'une PMA ou non, c'est d'avoir quelqu'un pas loin pour leur apprendre à faire les omelettes. 

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