La semaine dernière, dans l’excitation qui suivit l’exaction d’un élu d’extrême-droite envers une maman d’élève dont le foulard ne lui revenait pas, nous nous sommes vus offrir une énième resucée d’un petit… débat sur le voile.

L’occasion étant trop belle de rouvrir le grand barnum médiatico-tragique des idées en boite. 

Extrait Triste cirque

Et après une semaine d’un débat dont la France peut s’enorgueillir d’avoir l’exclusivité, qu’avons-nous appris ? 

On a appris que pour notre Ministre de l’éducation nationale – je cite :

 le voile n’est pas souhaitable dans notre société, ce n’est pas quelque chose d’interdit mais ce n’est pas quelque chose à encourager

Ok, merci Jean-Michel ! 

Ensuite, on eu le journaliste Olivier Galzi qui s’interrogeait sur LCI, 

Est-ce qu’il ne faudrait pas le déplacer et dire c’est pas un signe religieux qu’on veut interdire ou étendre une interdiction d’un signe religieux c’est un signal politique comme on interdit un uniforme SS, voilà tout simplement 

Bah Oui, tout simplement, 

Extrait chanson "Tout simplement"

Merci Bibie !

Qu’est-ce qu’on a appris d’autres… Ah oui, que Yves Thréard du Figaro je cite-« déteste la religion musulmane ». 

Il aime pas, c’est pas son truc… C’est tout. 

Ah non Autre chose, Yves ?

Il m’est arrivé de prendre un bus ou un bateau, il y avait quelqu'un avec un voile et je suis descendu   

C’est dingue, surtout, c’est risqué. Descendre d’un bateau, faut savoir nager… Voilà, voilà…

On a eu la confirmation que pour Alain Finkielkraut, le hijab et bah c’est pas sa came, parce que -je cite- « ce n’est pas la France, même si bien sûr, la non-France peut avoir une place en France ». 

OK ! En attendant la liste de « tout ce qui n’est pas la France, et qui a quand même sa place »… on se contentera de cette « remarque », qui s’ajoute aux 800 « coups de gueules » et autres « j’ai le droit de le dire parce que j’ai le droit de le penser » qui ont nourri les chaînes d’info continues à l’occasion 

De l’humiliation publique d’une mère de famille qui était dans l’exercice de son droit le plus absolu et ce quelles que soient ses opinions et convictions religieuses. 

On aurait pu imaginer que l’incident se termine par un  rappel à la loi ou une condamnation politique, voire judiciaire envers l’impétrant gougnafier. 

On aurait pu imaginer l’ouverture d’un débat sur les libertés publiques en France, avec une question subsidiaire « faut-il interdire tout ce qui ne me plaît pas ? ». 

On aurait pu s’interroger sur le danger du communautarisme identitaire et religieux en politique pour évoquer le cas de l’islam politique, de la droite identitaire, ou de la manif pour tous avec une question subsidiaire « le communautarisme identitaire ou religieux a-t-il sa place en politique ? ».

Rien de tout ça, ce triste cirque aura simplement fini de convaincre tous ceux qui, comme moi, s’efforcent de combattre par les idées, la tartufferie et la bêtise des religieux de tous poils, de toutes barbes, et de tous fichus, de se mettre rapidement à défendre le droit le plus absolu des croyants à croire en n’importe quoi, et à pouvoir exercer leur foi dans le cadre des principes laïcs et républicains, avant que les communautaristes identitaires et religieux ne finissent de se renforcer mutuellement.

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