Après plusieurs mois d'un incroyable suspens, Denis Baupin a remporté la semaine dernière le concours consacré par la célèbre formule de Montaigne de... l'homme le plus habile dans l'art de -je cite- “chier dans son panier pour après, se le mettre sur sa tête".

Résumons l'affaire... 

En 2016, après les révélations de Mediapart et de France Inter au sujet de témoignages de femmes dénonçant les violences sexistes et sexuelles commises par celui qui était alors vice-président de l'assemblée nationale... Ce dernier ne trouva rien de mieux que d'assigner les journalistes, les témoins et les victimes pour "dénonciation calomnieuse". 

Et c'est là le pure génie de Denis Baupin qui ne résista pas à la tentation d'humilier une fois de plus celles qu'il avait déjà harcelé et sali dans la vie professionnelle, mais cette fois en s'abritant derrière la diffamation et la prescription des faits pour tenter de leur imposer définitivement le silence. 

On imagine que, connaissant la réalité des faits, le sérieux des enquêtes et le recoupement des témoignages, n'importe quel avocat aurait conseillé à Denis Baupin de remettre sa hargne dans sa culotte en attendant de retrouver - à défaut de son honneur -  un peu de bon sens. Mais c’était sans compter l'intervention d'un autre génie, du barreaux celui-là, en la personne de maître Pierrat qui ne trouva rien de mieux que de l'encourager et de le représenter dans une procédure aussi grotesque qu'abusive.

Pour nos deux champions du “J’ai pas honte, et j’ai pas de peur de passer pour une ordure“, la suite était un jeu d'enfant, il ne restait plus qu'à porter plainte, s'accroupir au dessus du panier, de faire ce qu'ils avaient à faire dedans... et de verser le contenu de leur inconséquence sur leurs têtes.

En revanche, du côté des victimes, passer dans le boxe des accusés pour des faits qui, bien que prescrits, étaient bien réels, fût un calvaire. 

Et quel calvaire ! 

Celui de se retrouver, dans le boxe des accusés, le tout, en l'absence de Denis Baupin, préférant s'abriter derrière son déguisement de victime et la robe de son avocat, plutôt que d'assumer la confrontation avec les véritables victimes de la mascarade qu'il avait lui même initiée. 

Comme quoi, le culot, le harcèlement sexuel et l'abus de procédure sont tout à fait compatibles avec la lâcheté. 

On imagine également le calvaire de ces femmes attendant l'issue du procès pour savoir si, après avoir brisé le silence une première fois, elles ne seraient pas judiciairement assignées au silence et au discrédit, emportant avec elles la réputation des journalistes auxquels elles s’étaient confiées.

La morale de cette histoire, au delà de consacrer l'outrecuidance et l'absence totale de vergogne de Denis Baupin et de sa tarte-molle d'avocat, c'est qu'en matière de harcèlement sexuel et de violences faites aux femmes, il sera de plus en plus difficile de faire taire les  victimes et les journalistes qui rapporteront ces faits, pour peu que la réalité matérielle de ceux-ci - même prescrits - puissent être appréciés par des juges.

Il va falloir s'y faire, depuis ce procès, quelque chose me dit qu’il va devenir de plus en plus difficile de réduire les victimes de harcèlement et de violences sexuelles... Au silence. 

A bon entendeur... Salut.

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