Que se passe-t-il quand le 1er flic de France, et un ancien flic devenu député décident de prouver leur amour commun à tous les flics de France ?

-Non, Nicolas pas une partouze… 

Ça donne une loi sécurité globale.

Et par ”globale” entendez ”forces de l’ordre”.

Et que fait-on, quand on prouve son amour à un groupe d’individus en l’isolant des autres pour lui attribuer des droits réservés ? 

-Mais non Léa, pas une boite à partouze…

-Voilà, exactement Claude, du communautarisme! 

C’est d’ailleurs tout l’enjeu de la loi Sécurité globale, comme le rappelle benoitement Jean-Michel Fauvergue, l’auxiliaire de police faisant fonction de rapporteur : « Il n’y a pas d’amour il n’y a que des preuves d’amour. »  

Mais ne soyons pas réducteurs, Jean-Michel Fauvergue ne dit pas que ça : « Ce texte de loi vise un certain nombre de choses, et ce texte de loi ne vise pas d’autres choses »

C’est-à-dire Jean-Michel… ? 

Pour, pas contre : « C’est-à-dire il a été écrit pour, pour protéger. Il n’a pas été écrit contre. »

Pardon Jean-Michel, je ne comprends pas? 

« C’est-à-dire que ce texte de loi s’en prend aux malfaisants, qui veulent filmer policiers et gendarmes dans le but de mettre leurs visages sur les réseaux sociaux, dans le but de déclencher des haines pour qu’il y ait des représailles sur ces policiers et sur ces gendarmes. »

Ah bah voilà, c’est pour empêcher des appels à la haine désignant comme cible des policiers, ce qui est effectivement un drame. Et qui est effectivement arrivé à des policiers mais aussi à d’autres, un professeur il y a quelques semaines ou une rédaction, le 7 janvier 2015. 

D’où ma question :

Si effectivement le droit actuel ne permet pas de criminaliser la désignation d’un individu ou d’un groupe comme une cible, pourquoi voter une loi ne concernant que les forces de l’ordre ? Pourquoi un droit particulier ? 

Tout citoyen n’aurait-il pas le droit de ne pas devenir une cible ? 

Ce qui confirme qu’il ne s’agit que d’une preuve d’amour d’un ministre envers les forces de l’ordre, pour s’assurer de leur loyauté. 

Ce qui confirme aussi que ce texte ne cherche pas à protéger tous les citoyens, ni à apaiser la relation entre les forces de l’ordre et la société. 

Est-ce qu’une partie du problème ne viendrait pas du fait que l’on considère que le Ministre de l’intérieur est le premier flic de France ?

Et ça dure depuis Clémenceau, mais pourquoi est-ce inhérent à ce poste-là ? Parce que si les ministres de l’agriculture ou du tourisme devenaient le premier paysan ou le premier touriste de France ça ne marcherait pas non plus.

Être ministre de l’intérieur ne devrait pas être un poste de représentant syndical des forces de l’ordre. Être le ministère de l’intérieur, ne veut pas dire que les citoyens sont à l’extérieur. 

Donc, finalement la seule chose que l’on ne sache pas encore sur cette loi c’est…

« Est-ce que ce citoyen pourra continuer à diffuser des images des forces de l’ordre sans intention malveillante ? »

La réponse dépendra de l’interprétation que les juges feront de l’intention malveillante… Ce qui transfère un peu plus l’arbitrage de la liberté d’expression à l’interprétation des juges.

Et j’ai l’impression que cet enjeu est bien trop gros pour un geste d’amour, même en mode panique dans le cadre d’une négociation syndicale.

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