Depuis quelques semaines, entre la croisade pour le bon goût ou contre les choix vestimentaires de la porte-parole du gouvernement, de la part de celle qui incarne l’élégance à la Française, à savoir, Nadine Morano, la marche pour le climat, la réforme des retraites...

Un nouveau thème fait son chemin dans le débat public, il s’agit de l’Aide médicale d’État, A.M.E., dont la définition nous est rappelée par Stanislas Guerini, chantre mou de la gauche d’en marche, issu de la gauche qui gouvernait et qui marche maintenant avec la droite d’en marche, issue de la droite qui a perdu les élections, mais qui aujourd’hui gouverne. 

 Ce sont des aides apportées à des gens souvent en situation périlleuse par exemple pour ne pas déclencher d’épidémies. 

Bon jusque-là vous me direz, pas de quoi fouetter une géorgienne ou noyer un migrant dans un bol de soupe populaire, mais tout l’intérêt de ranimer ce thème de campagne du presque candidat Juppé tient dans la question posée ce jour là par l’immortel accoucheur de la communication politique en boite, le Jeanne Calmant de l’interview politique j’ai nommé : Jean-Pierre El Kabbaaaaaaaaaaach.

 Est-ce que ça veut dire qu’il y aurait des abus ? 

Et comme tout vient à point à celui qui sait attendre, Stanislas Guérini finit par poser les éléments de langage dont il avait la charge afin d’alimenter le débat public en déclarant :

J'entends qu'il peut y avoir des abus de l'utilisation de l'aide médicale d'Etat, par exemple, pour financer des prothèses mammaires de personnes qui sont en situation de migration en France

Autrement dit, aux armes citoyens, formez vos bataillons, avant que des hordes de migrantes au sang impur ne viennent jusque dans nos CHU se faire gonfler les nichons et élargir le trou béant de nos dépenses de santé.

Et bien, vous me croirez ou pas, mais ça fait un peu plus d’une semaine que Stanislas Guérini a sorti ces deux ballons de baudruche pour souffler dedans et nous faire croire à d’énormes prothèses mammaires plombant les comptes de l’AME et voilà que malgré la tentative d’Agnès Buzyn de dégonfler la prothèse rhétorique en précisant qu’elle ne disposait  « d’aucune information particulière sur le sujet » tout le monde continue de jouer avec.

Marine Le Pen vient souffler dedans pour exciter ses partisans en exhibant le décolleté ravageur de ces migrantes aux seins dressés contre notre identité.

Julien Denormandie se caresse déjà sur l’hypothèse d’un tourisme médicale, tandis que Gabriel Attal laisse gonfler la turgescence de ses interrogations tout en se mordillant la bonne conscience pour regretter qu’on laisse prospérer  l’idée qu’il y aurait des abus… Le tout en attendant la sortie du rapport qui déterminera l’existence ou non de ces abus…

Alors, si vous me le permettez, j’aimerais suggérer à tous ces apprentis sorciers de la politique de prendre une chambre et de jouer tranquillement avec leur inconséquence avant que le RN ne s’empare de tous les beaux ballons qu’ils s’amusent à gonfler. 

Parce que s’ils ne savent pas vraiment pourquoi ils le font, je ne doute pas un seul instant que Marine Le Pen réussira à jongler avec et ce, jusqu’à la Présidentielle. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.