C'est le retour de Sophia en studio après 6 mois d'absence....

Excusez-moi Nicolas, Léa, ça faisait 6 mois que je n’étais pas entrée dans ce studio, est-ce que je pourrais avoir un lancement qui marque un peu plus la solennité de ce… « retour en présentiel » comme on dit dans le monde d’après ?

Musique

Bonjour à tous, merci d’être venus nombreux tout ça juste pour fêter mon retour, ça fait chaud aux fesses quand même de se retrouver tous ensemble dans un studio, à « portée de Covid » comme on disait cet été dans ces réunions de familles estivales dont on devrait bientôt savoir si elles ont joué un rôle plus important dans la préservation des liens familiaux ou dans le retour à l’équilibre du système des retraites.

Voilà, voilà, l’équipe du 7/9 est de retour, fidèle au poste dans la chaleur des retrouvailles et l’euphorie des vapeurs de gel hydro-alcoolique. 

Et c’est peut-être ça le « monde d’après », c’est le même qu’avant, toujours aussi dingue, sauf que maintenant dans les vapeurs d’alcool ça passe tout seul. 

On ne s’étonne plus du nombre de spécialistes d’un virus dont on ne sait toujours rien, ou pas grand-chose, ni du fait que Didier Raoult puisse continuer à raconter tout et n’importe quoi, que Bernard Henri Levy monte sur ses grands chevaux ou sur la pointe des pieds pour nous expliquer qu’il n’y aura pas de deuxième vague. 

Ce monde est dingue, mais ce qui est nouveau c’est qu’on s’en fout.

Tout passe ou presque. Franchement, il n’y a pratiquement personne pour s’interroger sur le fait qu’immédiatement après avoir appris à éternuer dans nos coudes on ait collectivement inventé le check de coudes pour s’échanger les miasmes.

Je suis la seule à trouver qu’il y a quelque chose qui ne va pas à utiliser l’endroit où l’on vient de se moucher pour se frotter pile à l’endroit au l’autre vient également de se moucher ?

C’est quoi l’idée débile d’après, s’échanger les mouchoirs ? 

Je suis la seule à être mal à l’aise dans les dîners quand la cousine cruchasse m’explique doctement l’inutilité du port du masque parce que… : 

“Et ben parce que la Covid s’est transformée, sa contagiosité a cru, mais sa mortalité a chu. On est moins sur un scénario de type Floride que Nouvelle-Zélande, tu comprends ?»

Et quand tu lui fais remarquer qu’elle est prothésiste dentaire et que sa blouse blanche ne fait pas forcément d’elle une épidémiologiste et bien figurez-vous que dans le monde d’après, c’est considéré comme du « mépris de classe ». Et faire remarquer à tous ceux qui beuglent sur la pénibilité du port du masque en open-space, qu’ils trouvaient tout à fait normal que les caissières le portent 8h par jour quand ils allaient faire leurs stocks de PQ et de pâtes dont ils n’arrivent toujours pas à venir à bout… ça aussi c’est du mépris ? 

La seule certitude que ce virus aura fini par imposer c’est bien que personne n’était prêt à faire face à cette pandémie et personne n’était prêt à ce qu’elle dure… C’est pourquoi je ne vois que deux options possibles : soit on affronte tout ça avec plus de dignité et de bon sens, soit on continue à sombrer dans la dinguerie mais là, j’ai peur que ça nous emmène très loin.

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