Ce matin, Sophia Aram s'adresse à Juan Branco..

Cher Juan Branco, ma brancousette, mon branquignole adoré, mon chaton, 

Je découvre par une indiscrétion de Valeurs actuelles votre lettre adressée en son temps au terroriste Salah Abdeslam. 

J’imagine que vous comprendrez cette violation de votre correspondance privée comme un moyen de donner à tous, la possibilité d’apprécier la cohérence entre vos actes et vos propos.

Soyez certain que je partage votre sentiment au sujet de la désinvolture avec laquelle celui-ci a ignoré votre missive. Laissez-moi vous dire qu’une attitude aussi irrespectueuse à votre endroit n’est pas digne d’un terroriste. Comme quoi, on peut être terroriste et se conduire comme un gougnafier de la pire espèce. Tout fout le camp, même les bonnes manières chez les djihadistes.

Comme vous l’écriviez si justement, vous partagez avec Salah Abdeslam son ressenti -je cite- « quant à la nécessité d’imposer une radicalité dans sa ligne de défense ».  C’est vrai qu’encourager Abdeslam dans la radicalité, fusse-t-elle de sa ligne de défense, est pour le coup très cohérent avec votre indécente capacité à faire des cabrioles avec tout, même le pire, surtout le pire. 

Sans mollir, vous encouragez Abdeslam -je cite- « à poursuivre dans sa voie tout en lui recommandant de se faire accompagner ». 

S’il avait accepté votre requête, je n’ose imaginer les dégâts qu’un tel attelage aurait pu accomplir sur l’incomparable terrain de jeu que constitue pour vous ce puits de douleur que sont les attentats du 13 novembre.

Branco/Abdeslam, voilà le genre d’improbable duo dont notre monde a besoin pour basculer définitivement cul par-dessus tête et entamer enfin cette révolution mortifère dans laquelle l’humanité toute entière trouvera normal de marcher sur la tête, penser avec ses pieds pour finir… en boule en se mordant frénétiquement la queue sans oublier de se clouer la peau des couilles.

Qui d’autre que vous cher Branquinou revendiquerait sans éclater de rire de partager avec Salah Abdeslam – je vous cite- « d’être un enfant que ce pays ne considèrera jamais comme le sien. Un fils d’immigré ». 

J’avoue, qu’à ce moment précis de la missive j’ai failli verser une larme devant tant de souffrances communes et de douleurs partagées en tentant de vous envisager tous deux comme les victimes d’un pays « qui ne les considérera jamais comme les siens ». Ce qui revient je vous assure, à expérimenter l’inconcevable. 

Vous dites connaître la violence d’Abdeslam car – je vous cite- « en Centrafrique, vous avez vu des morts et des cadavres. De très près. Vous les avez sentis. L’odeur des armes. Vous savez ».

Ne m’en voulez pas mais là j’ai pouffé. J’en ai même recraché mon thé à la menthe sur ma djellaba toute propre de fille d’immigrée que ce pays ne considérera jamais comme la sienne. Pas la djellaba, moi.  

Il ne faut pas m’en vouloir, mais l’image de vous cher Branco en train de renifler les cadavres en Afrique convoqua la raison, ce qu’il ne faut jamais faire lorsqu’on vous lit.

Comme quoi la volonté d’exister ne trouve chez vous ni limite ni pudeur.

Tout ça pour vous dire que je salue la cohérence de vos arguments qui s’accordent parfaitement avec la bêtise et la barbarie qui ont guidé ce pantin d’Abdeslam à nous plonger dans l’horreur sans jamais émettre le moindre regret, pas même celui d’avoir eu l’outrecuidance de ne pas vous répondre. Ce qui pour le coup est vraiment moche. 

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.