Ça y est, cette fois c’est fait, après les mentions légales indiquant qu’il est préférable de ne pas se brosser les dents avec de l’eau de javel ou qu’il ne faut pas recongeler un produit décongelé, ni son hamster, sa grand-mère, ni même les enfants Courjault...

Voilà que Disney diffuse désormais des ”trigger warning”, ces messages d’avertissement, précédant ses grands classiques pour signaler aux téléspectateurs de Peter Pan, des Aristochats ou même de Dumbo, la présence de clichés racistes.

Je lis :

Attention ce programme comprend des descriptions négatives et/ou des mauvais traitements des personnes et des cultures

Mais c’est vrai ça, que faire de ces clichés racistes ou sexistes. Que faire des « peaux-rouges » maltraités dans Peter Pan, des chats siamois de la belle et le clochard jouant du piano avec des baguettes, mais plus largement de Tintin au Congo ou de cette gourdasse de Blanche neige qui ne trouve rien d’autre à faire que de jouer les aides ménagères bénévoles à plein temps chez les sept nains en attendant quoi… Son prince charmant, qui est je vous le rappelle, l’alpha et l’oméga de son projet de vie. 

A priori je serai tentée de répondre … Rien. 

Rien parce qu’il n’y a pas une œuvre qui ne transporte les préjugés de son époque… 

Si l’on ne prend que la question du sexisme par exemple, dans les contes de fées, le problème c’est que…

  • Dans tous les contes de fées, il y a toujours une tas-pée, mais qui est plutôt bien roulée, 
  • C’est vrai je ne suis pas très futée mais j’aimerais tellement me marier. 
  • Je n’attends que mon prince charmant…

Alors quoi, qu’est-ce qu’on devrait faire ? 

Mettre en garde toutes les petites filles et les petits garçons qui lisent un conte de fée, qu’une jeune fille ne doit pas forcément ressembler à une princesse, qu’elle n’est pas obligée d’être une gourde et surtout qu’elle a le droit d’avoir d’autre projet de vie que d’épouser un ”prince charmant”. Qu’il y a d’autres perspectives dans la vie que de se taper le fils de Bernard Arnaud, Dassault ou Lagardère !!!

Aucun ”trigger warning”, aucune mise en garde, ne pourrait, ni ne devrait nous épargner de nous confronter aux œuvres, à ce qu’elles portent d’émotions, d’histoires, d’humanité mais aussi de préjugés, de raccourcis, de part d’ombre. 

De la même manière qu’aucun message d’avertissement ne permettra de prévenir les générations futures de tous les préjugés, les âneries, les pis-aller, de notre néo-racisme à la sauce woke et autres errements que nous ne manquerons pas de léguer aux générations futures. 

Franchement, le seul message qui convienne avant toute œuvre littéraire, cinématographique ou théâtrale, avant toute production culturelle de toute nature, et de n’importe quelle époque qu’elle soit, devrait être : 

“Si tu ne te sens pas capable de te confronter à des visions du monde qui sont contraires ou simplement différentes de ton histoire, ton identité, ton genre, tes valeurs ou même ta morale, si tu es incapable de te confronter au monde… Alors vas-donc te faire cuire… un œuf… à moins bien sûr que tu sois vegan.“  

  • Légende du visuel principal: Sophia Aram © Radio France /
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