"Au risque de décevoir nos auditeurs, je n’ai même pas d’avis sur la Chloroquine. C’est nul je sais !" Aujourd'hui, Sophia revient sur tous les propos tenus par les hommes politiques sur l'efficacité du traitement du Covid-19 proposé par le Docteur Raoult à Marseille.

Bonjour Daniel, comme vous le savez une publication du Lancet sur les traitements de la Covid-19 est sortie vendredi dernier et… alors contrairement à Monsieur Douste-Blazy je l'ai lu… et toujours contrairement à Monsieur Douste-Blazy, je n'ai aucun avis dessus.

L’avantage c’est que, contrairement à Monsieur Douste-Blazy, je ne suis pas obligée de revenir sur mes fausses déclarations sur cette étude, ce qui fait que, toujours contrairement à Monsieur Douste-Blazy, sur ce sujet au moins, je ne passe pas pour une abrutie finie.

Le problème c’est qu’au risque de décevoir nos auditeurs, et peut-être même vous Daniel, je n’ai même pas d’avis sur la Chloroquine. C’est nul je sais.

Contrairement à Ségolène Royal, qui en appelait benoîtement à utiliser - je cite - « la meilleure solution connue confirmée par des spécialistes incontestables #Choloroquine »… moi que dalle, j’en pense rien.

Contrairement à…

  • Marine Le Pen qui réclamait sans vergogne aucune, je cite : « la liberté pour les médecins de pouvoir prescrire la #chloroquine »,
  • Nicolas Dupont-Aignant, qui à grands renforts de trémolos dans la voix déclarait-je cite : « chaque jour passé sans modifier les conditions d'autorisation de la chloroquine est un jour perdu ou un crime »,
  • Ou Jean-Luc Mélenchon qui affirmait avec les réserves du mec qui sait qu’il va dire une connerie mais qui ne peut pas s’empêcher de faire de la récup, que « les prescriptions de Chloroquine ne provoquaient pas plus de difficultés qu'avec n'importe quel autre médicament autorisé... »,

Moi, franchement, walou, nib, peau de zob et balais de crin, j’ai pas d’avis.

C'est consternant mais contrairement à Retailleau, Muselier, Estrosi, Boyer, Collard, Chenu, Trump, Bolsolnaro, Barzach, Rioufol, Bigard ou même André f*****g Bercoff... Je n'ai aucun avis sur la chloroquine.

En revanche, si ça peut vous consoler, j'ai un avis sur ceux qui, en dehors du champ scientifique et médical ont un avis sur la Chloroquine. Je peux… ?

Je pense juste que ce sont de nuisibles crétins, du genre à voler en escadrille et à mériter d’être condamnés à s’inoculer de la chloroquine en suppos en attendant que la recherche médicale rattrape le temps et l'énergie qu'ils lui ont fait perdre et qu'ils nous ont volé.

En bonus, mais c’est juste parce que c’est vous, j'ai également un point de vue sur les médecins et les scientifiques qui émettent un avis ne reposant sur aucun savoir précis sur la Covid 19, aucune démarche, aucune recherche mais sur la base de leur intuition ou leur quête de popularité.

Comme les premiers, ce sont des traîtres, ni plus ni moins que ces nouveaux messies qui s’abritent derrière la blancheur de leur blouse pour nous faire croire à un miracle, en nous laissant miroiter l’idée qu’on pourrait partager les bénéfices d’une médecine qui s’affranchirait des méthodes, des règles et des exigences de la recherche scientifique, à commencer par la transparence de leur méthode et le partage de leurs données.

De ces médecins qui publient sur YouTube ou tentent d’obtenir la réforme d’un protocole de soins par… une pétition en ligne.

De tous ceux-là, je pense qu’ils sont pires. Ils trahissent tout, leur serment d'Hippocrate, leurs études, leur devoir et leur savoir en n'ayant même pas l'excuse de l'ignorance.

Comme les premiers, ce sont des traîtres, mais en blouse blanche.

Alors franchement qu’ils soient politiques, commentateurs, humoristes ou même médecins… tous ceux qui ont choisi :

  • De nous « rassurer à peu de frais »,
  • De se faire passer pour des messies,
  • De susciter de faux espoirs,
  • De faire pression sur les autorités sanitaires,
  • De pousser des médecins à sortir du cadre réglementaire,

Sincèrement, ils ne valent pas tripettes et ne méritent que notre plus profond mépris, comme tous ceux d’ailleurs qui ont choisi ce moment crucial de notre histoire pour abdiquer tout sens moral.

Et j’espère le plus sincèrement du monde que nous saurons tirer les conclusions de ce que nous avons vécu ces derniers mois, et de créer les conditions pour donner une chance à la science de nous apporter sereinement les réponses que l’on attend d’elle.

Mais pour ça j’ai conscience qu’il va falloir d’abord faire taire un sacré paquet de cons.

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