Aujourd'hui, Sophia Aram voudrait nous parler de selfie un peu particulier... "Jeudi dernier, le premier ministre de la République de La France s'est rendu toutes affaires cessantes en Normandie pour une sombre histoire de... photo de quéquette !"

Aujourd'hui, j’aimerais rendre hommage à la conversation badine que les hommes et les femmes ont entamé depuis que les jeux de l'amour et du hasard animent cette joyeuse altérité qui au détour d'un regard, d'un poème ou d'un bouquet de fleurs réveille l'incandescent désir qui enflamme nos vies, dévaste nos âmes sous le feu duquel nos existences, inexorablement se consument… jusqu'à ce jour, où, emporté par la vacuité de l'époque tu choisis de m'envoyer... 

Un selfie de ton zizi... Un selfbite, ou une dick-pic pour les anglophones.

Je lis et relis l’article : Jeudi dernier, le Premier ministre de la République de la France s'est rendu toutes affaires cessantes en Normandie pour une sombre histoire de... photo de quéquette.  

Il faut s'y faire, après les correspondances amoureuses de  Georges Bataille et Denise Rollin, de Simone de Beauvoir à Nelson Algren, d'Albert Camus et Maria Casarès, de François Mitterrand à Anne Pingeot... Il faudra apparemment aussi compter sur l'instantanéité de clichés surexposés de zigounette de Luc Lemonnier, Maire du Havre démissionnaire, à qui veut ou surtout à qui ne veut pas... Et c'est surtout là que le bât blesse. 

Parce qu'au delà de nous mettre sous le nez l'insondable délabrement de l'époque, envoyer une photo de son zguègue à quelqu'un qui ne l'aurait pas explicitement demandé, a quelque chose de ridicule certes, mais également de violent. 

Non que l'objet du délit soit violent en soi... Non un zizi, c'est un zizi, mais il induit un discours sur le récipiendaire qui par le truchement du "tiens régale-toi", "fais-toi plaisir" et autre "t'en as rêvé, là-voilà"... Quelque chose de profondément dégradant. 

Il n'est plus question de considérer le ou la destinataire comme un individu à part entière qui pourrait ou non avoir envie d'une relation sexuelle ou amoureuse, mais bel et bien d'un objet n'ayant d'autre finalité que de s'occuper du service trois pièces de monsieur le maire.

J'imagine qu'il faut quand même tenir en haute considération sa zézette pour se retrouver à quatre pattes dans la salle des fêtes d'une mairie afin de tirer le portrait de ce qu'il considère - peut être à raison- comme étant son meilleur profil. 

Passons le moment délicat où il lui aura fallu retirer son écharpe tricolore, dégrafer son pantalon, relever la chemise pour la coincer sous le menton, puis se mettre au garde à vous d'une main pendant que l'autre s'active à déclencher l'appareil photo d'un Smartphone (qu'il faudra penser à nettoyer)... 

Et intéressons-nous à la partie éditoriale de l'exercice

"Alors alors... Qu'est-ce que j'ai de beau dans mon album-photo... sous-exposée, surexposée, floue, trop décoiffée... quoique, ébouriffée c'est pas mal ! 

Oh on a l'impression qu'elle sort du lit... ah zut non on aperçoit les cousines, hum pas mal celle-là... elle sort un peu du cadre... mais ce regard lointain, la mer au fond, elle semble fendre la bise et appeler le grand large.  

Sélection, envoyer à... et hop c'est parti mon kiki.“ 

Nul doute que ce cliché-là, suscitera de l'intérêt.

Et force est de constater qu’il y a du monde autour de cette photo de zboub, car notre exhibitionniste 2.0, ne devait pas s’attendre à ce que même le premier ministre en exercice se penche dessus, et qu’on en parle sur France Inter. Elle est pas belle la vie en 2019 ?

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