Rappelez vous c'était il y a un an et le féminisme semblait rangé sur l'étagère de la violence ordinaire à une époque où il n'était plus de mise "d'en faire trop avec le féminisme" devenu aussi "obligatoire" que "ringard" au prétexte qu'il aurait "déjà gagné" et puis il y a eu ça...

Extrait Harvey Weinstein 

Oh surprise, enfer et damnation, des femmes abusées sexuellement, oh my god, ya willy. Des actrices ! 

Mais dites-moi, c'était quoi la surprise ? Que même des actrices américaines sont concernées? 

Et alors quoi, il faudrait que Sharon Stone attrape un coup de soleil pour qu'on s’inquiète du réchauffement climatique c'est ça?

Quand on sait qu’en France toutes les sept minutes, une femme est violée ou fait l'objet d'une tentative de viol. Le vrai scoop en 2018, comme en 2017 d'ailleurs, en 2016 et toutes les années qui ont précédées, c'est la permanence de l'hécatombe qui devrait surprendre 

Qu'est-ce qu'il y a de si nouveau qu'on n'aurait pas déjà toutes et tous totalement intériorisé. 

Quand on prend les transports en commun, marche dans la rue, quand on sort le soir. 

Quand on évite les regards insistants, les interpellations sexistes... 

Quand on évite simplement de rester seule, immobile, au coin d'une rue? 

Bref, un an de débat plus tard, passé à rassurer toute la rédaction du Figaro, de Valeurs actuelles et de Causeur sur l'idée que le féminisme et la dénonciation des violences faîtes aux femmes avaient assez peu de risques d'éradiquer la drague, la séduction et l'érection en général, pour assister à une première manifestation rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes contre les violences sexuelles et sexistes. Et bien, ça fait chaud au cul quand même. 

Même si bien sûr, tout reste à faire, à commencer par faire sortir le sexisme ordinaire de l'étagère du "c'est quand même pas si grave", dans la mesure où j'ai la conviction qu'il n'y aurait pas ce niveau de violence envers les femmes, sans sexisme. 

Comme il n'y a pas d'actes antisémites, racistes ou homophobes sans préjugés sur les juifs, les noirs, les arabes, les blancs et les homosexuels, il n'y a pas de violence contre les femmes sans sexisme. 

Et l'avantage c'est que ce combat n'a aucune raison d'opposer des hommes qui seraient fatalement violents ou au minimum sexistes d'un côté et des femmes d'abord victimes et génétiquement au clair avec le sexisme de l'autre. 

Non la question du sexisme et des violences faîtes aux femmes est finalement comme la question du féminisme en général, un combat d'hommes et de femmes convaincus que ce combat reste à mener contre des hommes mais aussi contre des femmes participant allègrement à ce sexisme ordinaire tout en défendant l'idée que ce combat est démodé. 

Avant hier, dans la marche contre les violences faîtes aux femmes, il y avait des femmes et des hommes marchant côtes à côtes et ce fût pour moi la principale raison de me réjouir ce week-end. 

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