Récapitulons : un professeur est décapité en France par un islamiste convaincu que montrer un dessin du trou de balle du prophète mérite la mort. Et, en réaction à cet attentat, de nombreux musulmans dans le monde, boycottent la Vache qui rit et le Caprice des Dieux pour dénoncer l’"islamophobie" présumée de la France.

Pour les auditeurs qui n’auraient pas suivi l’évolution du monde ces dernières années, il s’agit de faits réels et pas du résumé du prochain film de Sacha Baron Cohen.

Alors c’est vrai qu’on pourrait s’interroger sur la logique qui pousse des musulmans à se lancer dans ce genre de boycott, quand on connaît l’attachement des Arabes pour la Vache qui rit et le Caprice des Dieux (que je partage) et surtout quand on connaît l’indifférence quasi-totale du monde musulman au sujet du massacre des Ouïghours par la Chine et celui des yéménites par l’Arabie saoudite. Comme quoi certains attachent plus d’importance à un dessin qu’à la vie de ceux qu’ils considèrent comme "leurs frères". Ce qui donne tout son sens au mot famille et la folle envie d’en faire partie… ou pas.

Comme si ça ne suffisait pas, après qu’Emmanuel Macron ait promis à Samuel Paty que la France ne renoncerait pas aux caricatures, le premier ministre pakistanais et le président turc, ont : 

  • Traité le Président français d’“islamophobe“ pour l’un 
  • Et invité à passer un examen de santé mentale pour l’autre.

Je sais que d’habitude ces incitations à la haine à peine voilées, sous couvert de dénonciation d’une “islamophobie“ présumée de Charlie Hebdo, de Mila, de la France, des laïcs et du modèle français, étaient plutôt le fait de militants communautaristes, d’animateurs télé, ou encore de stars de la téléréalité légitimant la haine sous couvert de compassion. 

Mais là, il s’agit d’un président et d’un Premier ministre en exercice désignant ouvertement la France comme cible, ce qui est assez différent. 

C’est simple, pour retrouver ce niveau d’indécence, il faudrait recenser l’ensemble de ceux qui n’ont rien trouvé de mieux que de continuer à qualifier les dessins de Charlie Hebdo d'"islamophobes" après que sa rédaction ait été décimée. Si, si, je vous assure, il y en a. 

Franchement, à ce niveau de haine à l’égard du modèle laïc français, on pourrait presque parler de koufarophobie. Oui la koufarophobie, la haine de tous ceux qui défendent un autre modèle que l'islamisme. C’est la stigmatisation de tous les mécréants, mais aussi de tous les musulmans qui considèrent que ce n’est pas un dessin qui leur fera, ni un deuxième trou au derrière, ni renoncer au Caprice des dieux. 

Comme d’habitude, ces appels à la haine et ces incitations à commettre des attentats s’abritent pudiquement derrière la défense de pauvres musulmans choqués par un dessin, pour mieux condamner à mort ceux qui préfèreraient en rire.  

Jamais les appels au meurtre lancés par ceux qui passent leur temps à qualifier la France et le modèle français d’"islamophobes" n’auront été aussi clairs et, je le crains, aussi dangereux. 

Ce qui est dommage, parce que s’il s’agissait d’un échange apaisé et constructif nous pourrions comparer sereinement le modèle français avec le modèle de liberté d’expression à l’iranienne, la saoudienne, la koweitienne, la turque et la pakistanaise juste histoire de voir, lequel on préfère. Moi, personnellement j’ai choisi.

  • Légende du visuel principal: Sophia Aram en studio © Radio France /
L'équipe