Sophia Aram fait sa chronique en anglais ce matin, à l'intention de Donald Trump.

Sophia Aram le lundi 27 février 2017 s'adresse - en anglais - directement au Président Donald Trump (capture d'écran)
Sophia Aram le lundi 27 février 2017 s'adresse - en anglais - directement au Président Donald Trump (capture d'écran) © Radio France

Le texte de la chronique en français :

Cher président Donald Trump,

J’ai entendu l’histoire de votre ami qui avait l’habitude de voyager à Paris, mais qui ne veut plus venir parce que je le cite « Paris, n’est plus Paris ».

Tout d’abord je suis heureuse de vous entendre mentionner Paris, ça veut dire que vous connaissez Paris. Enfin ça veut dire que vous connaissez quelqu’un qui connaît Paris.

Et je dois dire que d’une certaine manière votre ami a raison parce que Paris a changé.

Depuis les attaques de 2015, nous autres, les parisiens, nous avons plus que jamais conscience que nous vivons dans une ville merveilleuse.

Et si l’EI a décidé de nous attaquer c’est avant tout à cause de notre liberté et à cause de ce que nous sommes.

Nous avons été ciblés parce que nous n’avons absolument rien en commun avec eux, et je suis fière de vivre dans ce pays à cause de toutes ces différences que nous avons avec l’EI.

Je suis fière de vivre dans un pays dans lequel notre président peut être athée, et n’a pas besoin de mentir à ce sujet.

Je suis fière de vivre dans un pays dans lequel on ne demande à personne de jurer sur la Bible, parce qu’en France la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’est pas négociable, et ce depuis 1905.

Je suis fière de vivre dans un pays dans lequel on ne demande pas aux gens quelles sont leurs croyances religieuses car nous considérons que la religion est une affaire personnelle.

Je suis fière de vivre dans un pays dans lequel on ne considère pas le réchauffement climatique comme un Hoax.

Je suis fière de vivre dans un pays dans lequel je peux aller à la plage sans soutien-gorge, même si pour être tout à fait honnête je ne porte jamais de soutien-gorge, parce que je n’ai pas de seins, mais bon…

Je suis fière de vivre dans un pays dans lequel les journalistes sont respectés par leur président.

Je suis fière de vivre dans un pays dans lequel les femmes sont traitées avec respect et considération par le président (on attend encore pour l’égalité salariale, mais on a encore de bons espoirs)

Je suis fière de vivre dans un pays dans lequel le président ne partage pas le sexisme, l’homophobie, l’adoration des armes et de Dieu avec l’EI.

Nous sommes fiers de toutes ces choses qui font de nous ce que nous sommes et que l’EI déteste tellement.

Une des choses que l’EI deteste à propos des français c’est notre résilience, exactement comme celle dont ont fait preuve les américains après le 11/09, ce qui nous ont servi de modèle au moment où nous luttions avec les conséquences de nos attaques.

Alors peut-être que votre ami n’aime pas le nouveau Paris, mais demandez aux 3,5 millions de touristes américains qui sont venus en France l’an passé, je ne suis pas sûre qu’ils seraient du même avis.

Nous aimons Paris, nous aimons la France, et si vous voulez vous faire votre propre opinion, venez passer quelques jours à Paris, ce ne sera peut-être pas aussi rigolo que quelques jours en Russie pour des fêtes à base de golden-showers avec des prostituées russes, mais je serais ravie de vous servir de guide… à condition que vous n’essayez pas de m’attraper par la chatte, parce que dans ce cas, et malgré tout le respect que je vous dois, je serais obligée de vous attraper par les couilles (enfin ce qu’il vous en reste)

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