J’aimerais profiter de ces trois minutes d’antenne à une heure de grande écoute pour re-re-re-re-faire un peu de pédagogie, je peux ?

 Voilà, la semaine dernière, une adolescente de 16 ans exposa son point de vue sur les religions en général et sur l’islam en particulier, dans le cadre d’une courte allocution numérique sur le réseau social dans lequel tout le monde poste des photos de ses pieds devant une piscine… Instagram. 

Dans le cadre de cette allocution, cette adolescente fit part de sa détestation à l’endroit des religions puis, poursuivant son propos elle a pris pour exemple l’islam, religion au sujet de laquelle elle tint à exprimer ses plus vives réserves tant celle-ci lui apparaît comme consubstantiellement porteuse de haine. 

Elle conclut sa courte démonstration par l’idée surprenante mais néanmoins cohérente avec son introduction, de pratiquer un touché rectal au dieu de la religion susmentionnée.
Pratique considérée par beaucoup comme dégradante ce qui, nous le savons tous ici, est un point de vue fort discutable.

Bref, une courte allocution exposant l’idée que les religions c’est de la merde et que l’islam c’est de la haine.

Le sujet, vous vous en doutez porte en lui les ferments d’une polémique bien nourrie, tant les usages différenciés de la pratique religieuse d’une part, mais également les divers rapports qu’entretient tout un chacun à la question religieuse sont propices à la confrontation de ces antagonismes. 

Convoqués dans ce débat d’idées par le caractère à la fois tranché et accessible du propos, une foultitude de crétins congénitaux se réclamant d’une lecture rigoriste d’un ouvrage qu’ils n’ont pas lu ou pas compris se sont empressés de contredire son propos en menaçant l’adolescente de venir pratiquer des rapports sexuels non consentis avec sa maman, voire plus directement de lui trancher la gorge, le tout au nom de l’islam qu’ils considèrent au contraire comme une religion de paix. 

Un dialogue que l’on pourrait résumer ainsi : 

- L’islam c’est de haine !

- Retire ou je t’égorge… au nom de l’islam. 

S’il serait trop long et certainement vain d’expliquer la dimension contre-performative des menaces proférées par ces pieux abrutis, nous pouvons noter le développement d’une conception identitaire de la religion s’exprimant à l’occasion de toute forme d’expression sur la religion. Le combattre à nouveau devient donc urgent. 

Alors répétons-le, les religions reposent sur des croyances et des pratiques auxquelles il est possible d’adhérer ou pas, comme il est possible de leur opposer toute forme de critiques, de railleries, de chansonnettes, voire de menace de touchés rectaux.

C’est comme ça c’est la loi. 

Et si ça ne va pas à certains ou certaines qu’ils se résignent derrière l’idée à laquelle tout le monde peut se rallier, que l’on soit croyants, athées, intégristes, rabbins, imams ou archevêques, c’est que, dans l’hypothèse où Dieu existe et dans l’hypothèse où il serait totalement réfractaire à toute forme de critiques et aux touchés rectaux… Dieu devrait être capable de le gérer tout seul et que jusqu’à preuve du contraire, soit il n’a pas Instagram, soit il s’en fout, soit… Il n’existe pas. 

Alors pour tous les « followers » de Dieu que ça défrise je vous propose de vous occuper l’esprit ailleurs et en attendant que Dieu se manifeste, vous pouvez prier, dormir un peu, boire frais bref, autant d’activités qui me semble nettement plus compatibles avec la foi que l’injure, l’anathème et la menace.

Amen

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