Petit inventaire national de ce qu'on a, de ce qu'on n'a pas et de ce qu'on a suffisamment pour l'exporter en Chine contre des masques pas exemple.

Voici l'inventaire des réserves nationales, tout ce dont on manque et qu'il va falloir importer et tout ce qu'on a en trop et qu'on pourrait exporter tellement on en a : 

Alors commençons par les bonnes nouvelles. Le verre à moitié plein, comme on disait les jours de beaujolais nouveau à la cantine de Radio-France. 

Alors, du côté du "nous sachons", "nous sachions", du "je l'avais dit", là, on est bien, on a ce qu'il faut. Et puis, si ça venait à manquer, on peut toujours piocher dans les "c'était pas compliqué" et les "y a qu'à" "faut qu'on" parce que là, on peut dire qu'il y a surplus : en France, on n'a peut-être pas de masque, mais on a des certitudes. 

On en a environ deux fois plus, c'est clair, on a deux fois plus d'avis sur l'utilité du masque, sur les moyens d'en fabriquer fastoche ou d'en importer frisou que de masques réellement disponibles ! 

Il n'y a pas à dire, en matière de spécialiste du recyclage, de présupposés hasardeux en vérité sentencieuse on est champions du monde. Sinon en tartuferie, on a du level aussi. Ah bah, faut dire que si tu mesures le nombre de personnes qui expliquaient il y a 15 jours qu'il fallait maintenir les élections municipales et qui t'expliquent aujourd'hui qu'on aurait dû les annuler, on a quasiment le premier stock mondial de mauvaise foi encore disponible !

Il nous reste même de quoi alimenter les spécialistes du "fallait, confiner plutôt", oh non en matière de tartufferie on a de la ressource.

Côté reconnaissance de l'utilité des services publics, après 30 ans de pénurie, on vient soudainement de trouver un gisement. Je ne sais pas on a redécouvert l'utilité des soignants, des éboueurs, des pompiers, des enseignants, des policiers. C'est un peu comme si la trouille avait fait sauter le bouchon dis donc. Tout le monde applaudit. Faut juste attendre la fin de la crise pour voir si ça s'évapore ou pas. On verra. Mais la reconnaissance est là. Le problème, c'est qu'il y a plus de reconnaissance que de moyens.

À ce stade, si on applaudissait un peu moins, mais en donnant un peu plus de moyens aux services publics, j'imagine qu'ils le prendraient pas mal

Heureusement, côté solidarité, entraide, abnégation, courage, il y a de quoi, ça compense un peu le manque de moyens et surtout, ça compense la surproduction d'abrutis qui se sont mis au jogging, sortent pour acheter une demi baguette ou se font livrer un pain de taille parce qu'après tout le blé, ça les fait péter. De ce côté là, non, il y a ce qu'il faut. 

Alors oui, je vous entends déjà "est-ce qu'on pourrait pas exporter quelques faux sachants et deux ou trois vrais couillons vers des pays qui en manquent ?" Je ne sais pas, contre des masses, par exemple, eh bien c'est une très bonne idée, le problème, c'est que personne n'en veut. Allez dire à la Chine que vous leur refourguer un wagon de tweetos spécialistes en chloroquine contre des masques vous allez voir comment ils vont recevoir ! 

Même si tu rajoutes un ancien ministre et trois élus municipaux reconvertis dans l'épidémiologie, ils n'en voudront pas. Un peu comme si le marché de trucs qui nous amusent en temps normal, mais qui ne servent à rien en temps de crise, s'était complètement effondré. 

Le risque, c'est qu'on se retrouve avec plus de crétins que de rouleaux de PQ

C'est même à se demander si, en matière de réserves de mauvaise foi et d'indécence, on n'aurait pas accumulé de quoi tenir deux ou trois crises comme celle-là peinard.

Sur ce, ne changons rien et surtout, restons confinés !

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