Vous savez pourquoi je suis entrée dans ce studio sans garde du corps, sans arme et sans protection ?

Et bien c’est à cause de la confiance dans le fait qu’il est peu probable que Nicolas interrompe ma chronique en me plaquant au sol pendant que Claude et Léa m’éclateraient la tronche à coup de talons aiguilles et de barre à mine tout en me traitant de sale bougnoule.

Tout peut arriver, mais disons, que j’ai confiance. Et c’est chouette la confiance. 

La confiance que devait avoir le producteur de musique, Michel Zecler dans le fait que bien sûr aucun policier, dépositaire de l’autorité publique, n’aurait l’idée de commettre une violation de domicile, des dégradations volontaires de biens privés et encore moins des violences volontaires en réunion avec armes et à caractère raciste. 

Tout peut arriver, il y a des cons partout, mais de là à ce que des policiers entrent chez vous par effraction pour vous frapper en vous traitant de sale nègre, franchement il y a de la marge…  

Mais si ça arrivait, on pourrait bien sûr faire confiance au policier resté à l’extérieur pour arrêter ses collègues plutôt que de balancer une grenade lacrymogène dans un lieu privé et clos. Évidemment. 

Et que si par le plus grand des hasards tout ça finissait par se produire, on peut évidemment faire confiance dans les renforts de police arrivant sur place, pour empêcher un collègue de frapper un homme maintenu au sol par d’autres collègues. Mais parce que tout le monde sait que c’est de la torture et qu’on ne torture pas dans la police française. 

Alors, si jamais drame absolu, tout ceci avait eu lieu, on pourrait assurément avoir confiance dans le fait qu’aucun policier ne commettrait de faux en écriture destinés à incriminer la victime de leur propre barbarie. 

Mais si ça arrivait, on pourrait encore avoir confiance dans le fait qu’aucun syndicat de police n’aurait jamais l’outrecuidance d’invoquer les violences tout aussi inadmissibles dont les policiers sont parfois victimes dans le but de relativiser la gravité de l’assaut subit par Michel Zecler.

Mais que si ça avait été le cas, ce qui est certain c’est qu’aucun ministre de l’intérieur, ne minimiserait à son tour les faits en se contentant d’attribuer ces actes à des « Policiers qui déconnent »

Parce que bon si ça se produisait, alors là on pourrait avoir confiance en un premier ministre ou un Président pour prendre la mesure de la faillite d’un système incapable d’enrayer des actes aussi monstrueux et des réactions aussi inconséquentes. 

Parce que si c’était pas le cas, et ben il y aurait des milliers de citoyens dans la rue pour leur faire comprendre qu’ils n’ont plus confiance. Ni dans la police, ni dans la capacité de l’exécutif à traiter le problème.  

Pour leur dire qu’il n’est pas acceptable de maintenir un projet de loi risquant de renforcer le sentiment d’impunité de certains policiers, ni même de maintenir ce niveau de prérogatives concédé aux forces de l’ordre dans le cadre de l’État d’urgence…

La preuve, c’est que pour faire respecter un putain de port de masque… c’est l’ensemble d’un système du sol au plafond qui s’est mis à ”déconner” suffisamment pour que des flics puissent tabasser, humilier, traiter un homme de sale nègre, puis camoufler leurs méfaits pendant 48H dans un système vérolé jusqu’à la moelle et dont les responsables politiques continuent aujourd’hui de tout faire pour éviter de le réformer… pour rétablir enfin la Confiance. 

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