Ça y est cette fois, l’année 2018 s’achève, vaincue elle aussi par les forces calendaires. Comme ce fut le cas pour l’année 2017, 2016, 2015, 2014, 2013, 2012... et avant elle 2010.

Bref, ne jamais écrire sa chronique le 30 décembre au soir, surtout quand on a le vin triste.

Et dire que comme chaque année, après la mise en abîme consistant à s'auto-fourrer à la dinde et à se farcir la panse de mauvais foie gras ou de pâté en croûte. 

Après avoir consciencieusement trempé sa bûche dans le Nutella pour nourrir les quelques huîtres ayant survécu à une mastication trop hasardeuse jusque dans nos intestins, 

Après avoir terminé les derniers chocolats à l'eau de vie parce qu'après tout, il ne faut pas gâcher... 

Et bien il faut encore se taper l'inévitable angoissé chronique s'interrogeant entre deux rototos sur le menu du 31. 

Sans déconner, j'ai pas la force. 

Je n'ai pas le courage d'attendre les mots du Président nous expliquant que bien sûr, l’année qui s’achève a été difficile pour tous, mais surtout pour ceux qui souffrent et que l’année qui arrive n'interdit pas tout espoir sans vraiment rien présager de très réjouissant.

Je n’ai pas le courage, ni l’envie non plus de croire à la magie calendaire. Il faudrait qu’on m’explique une bonne fois pour toute pourquoi le fait de passer du 31 décembre au 1er janvier nous autoriserait à penser une seule seconde que par le truchement des jours qui passent, tous les espoirs seraient à nouveau permis et qu'il faudrait beugler le compte à rebours des derniers secondes qui nous séparent de ce renouveau avant de le noyer dans un dernier verre, pour la route... La route justement...

Parce que oui, on ne compte plus le nombre de vœux du 31 ayant rencontrés l'obstination, d'un platane réfractaire à la naïveté calendaire et au cynisme de ce dernier toast : 

“Et surtout, la santé!!! “

Je n'ai pas le courage de me fader les inévitables sms de bonne année comme autant de spam impersonnels que l'on reçoit mécaniquement par tous ceux qui ont choisi d'industrialiser leur amitié par une campagne de télémarketing privée absurde. 

Quand est-ce qu'on pourra enfin s’avouer qu’en vrai on s’en fout, qu’on ne les lit même plus ?

Et si on était vraiment honnête, on aurait le courage de dire que c’est pas la peine de les envoyer. 

Et surtout, si on ne s’est pas parlé cette année, est-ce que l’on ne pourrait pas en profiter pour continuer sur notre lancée, ou attendre une occasion de le faire vraiment, je veux dire sans aucune obligation ?

Est-ce que l’on pourrait, au moins cette année, éviter le traditionnel message du névrosé ayant recherché sur Google de quoi écrire : “Je te souhaite 12 mois de joie, 52 semaines de plaisir, 365 jours de succès, 8760 heures de santé, 525.600 minutes d’amour. “  Parce qu’à l’heure qu’il est j’aspire plutôt à 525.600 minutes durant lesquelles on me foute la paix.

Je n’ai vraiment pas le courage d'attendre le décompte de cette épidémie de sms, qui cette année encore, tombera pile entre le nombre de gastros, la sévérité de la grippe et la cartographie des voitures brûlées. 

Tout ça me déprime d'avance, mais comme je ne voudrais pas gâcher vos réveillons, je vous souhaite une bonne année à tous… et surtout la santé.

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