Vous savez que ce matin, j'ai failli ne pas venir ? La règle, dans le spectacle, c'est qu'on annule une représentation quand il y a plus d'acteurs sur la scène que de spectateurs dans la salle.

Du coup, ce matin, je me suis posé la question. Vu qu'on est 4 en studio... et 4 en régie, est-ce qu'on est vraiment sûr qu'au moment où je vous parle, il y a plus de 8 auditeurs qui nous écoutent sur France Inter ?

Attention ! Je veux pas casser l'ambiance, mais soyons lucides. On est le 1er mai, il est 6 heures du matin, demain c'est le week-end. Alors, il y a forcément 4 ou 5 personnes qui nous écoutent, mais 8, ça me parait beaucoup...

Parce que je peux vous dire qu'en venant ce matin, les rues de Paris étaient d'un calme ! Mais d'un calme ! J'avais l'impression que tout le monde dormait. Du coup, ça m'a énervé et je me suis mis à klaxonner comme un supporter marseillais qu'aurait battu le PSG. Vu que sur les 7 derniers matchs, le PSG a battu 7 fois l'OM, autant vous dire que j'ai klaxonné comme un fada !

Je sais, c'est débile. N'empêche, j'espère avoir réveillé un maximum de monde. On sait jamais. Une fois réveillés, les gens ont peut-être allumé la radio... Et qui sait ? Sur les 2 ou 3000 personnes que j'ai réveillées, il suffirait qu'il y en ait quatre ou cinq qui allument France Inter pour que d'un coup, ça double l'audience de cette chronique !

Cela dit, croyez pas que je suis venu au studio à contrecœur ! Ce matin, quand je grillais les feux avenue de Versailles en klaxonnant comme un taré, hurlant par la vitre ouverte de ma voiture : « Enculés de Parisiens ! » Ben, j'étais fier de moi.

Faut dire que travailler le 1er mai, c'est un honneur. Normalement, le 1er mai, personne n'a le droit de travailler. Les seules exceptions prévues par la Loi concernent les métiers absolument indispensables au fonctionnement de la société. Par exemple, les pompiers travaillent le 1er mai, les médecins des urgences travaillent le 1er mai, les services anti-terroristes travaillent le 1er mai. Et puis aussi les chroniqueurs de France Inter.

Evidemment, ça fout la pression. Jusqu'à présent, j'avais jamais envisagé que mes chroniques puissent être indispensables au fonctionnement de la société. Mais après tout, c'est assez flatteur, alors je voudrais partager cette bouffée de vanité avec ceux qui nous écoutent ce matin en direct. Ceux qui sont au volant et qui roulent dans les rues désertes. Ceux qui sont seuls dans leur cuisine, sans faire de bruit, pour ne pas réveiller le reste de la maison qui fait la grasse matinée. Si vous êtes debout un 1er mai à 6 heures et quelques du matin, c'est forcément que vous aussi, vous êtes indispensables au fonctionnement de la société. Alors je voulais vois dire bravo, et sur ce, je retourne me coucher.

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