Depuis quelques temps, je fais des cauchemars liés à ma chronique. Alors bien sûr, les mauvais rêves, c'est pas nouveau. Le cauchemar classique, c'est de me retrouver face au micro et de réaliser qu'il me manque les feuilles sur lesquelles mon texte est imprimé. Là, c'est comme si on me poussait dans le vide du vingtième étage. J'ai juste le temps de hurler (attention au micro, je vais vraiment gueuler fort) « AAAAAAAH ! » et je me réveille en sursaut.

Mais depuis quelques temps, un nouveau cauchemar hante mes nuits. Je me retrouve face au micro, mon texte bien agrippé entre mes petits doigts boudinés, tout se passe bien. Quand soudain, Ô vertige ! Je m'aperçois, en plein direct, que la dame du ménage a débranché la prise de mon micro pour pouvoir brancher son aspirateur à la place.

Du coup, tous les mots que je prononce sont aspirés dans le sac à poussière et se retrouvent mélangés avec les rognures d'ongles, les miettes de croissant et les poils de cul. Et là, je me réveille en sursaut !

Faut me comprendre. Après quatre semaines de grève, on a enchainé sur trois vendredis fériés. Et comme ma chronique est le vendredi, ça veut dire que depuis trois semaines, les gens roupillent pendant que je fais mon petit intéressant. C'est l'angoisse !

Dans ces cas-là, on cherche forcément un coupable. Alors, y'a trois semaines, quand c'était le 1er mai, j'en voulais à mort aux syndicats. Bandes de feignants !

Y'a 15 jours, quand c'était le 8 mai, je pestais contre le IIIème Reich, pas foutu de tenir tête aux Alliés quelques jours de plus, histoire qu'on fête la Victoire le 11 mai.

Et cette semaine, bim ! Voilà que c'est le pont de l'Ascension ! Là je dois dire que je me sens pas de reprocher à Jésus d'être monté au ciel quarante jour après sa mort. C'est déjà une Bonne Nouvelle qu'Il soit ressuscité, on va pas lui reprocher son choix dans la date.

Du coup, je me retourne vers vous ÉricDelvaux ! Je vous préviens que si vendredi prochain c'est encore un jour férié, je fais tout péter. Oh ! J'ai bien vu comment faisaient mes collègues dans les médias ! Rien de tel qu'un bon scandale pour attirer l'attention. Alors si vendredi prochain c'est encore férié, je vous préviens Éric, je fais un billet pour comparer le sort des taureaux tués dans l'arène d'une corrida avec le sort des taureaux tués dans un abattoir Hallal. Ça va faire péter le standard. Y'aura des sacs de courriers qui encombreront l'accueil. Vous serez convoqué par la direction qui vous affectera aux flashes de nuit ! Désolé Éric, je suis un peu nerveux. Faut m'excuser, en ce moment, je fais des cauchemars.

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