Faut que je vous dise, le bac, c'est exactement comme le loto. Décrocher le bac ou décrocher la cagnotte, c'est juste une question de chance. Dans la vie, le hasard décide de tout.

Baccalauréat épreuve de Philosophie Lycée Vaclav Havel
Baccalauréat épreuve de Philosophie Lycée Vaclav Havel © PHOTOPQR/SUD OUEST/Salinier Quentin / PHOTOPQR/SUD OUEST/Salinier Quentin

Alors je sais bien que de la sixième à la terminale, on rabâche le contraire aux élèves. Mais bon, les enfants sont si naïfs, que c’est toujours un plaisir de se foutre de leur gueule ! Par exemple, pour le bac. On leur explique que celui qui travaille très bien, il aura mention très bien. Et celui qui ne fout rien, bin ... Il aura rien.

Evidemment, tout ça c'est des conneries ! La vérité, c'est que la note d'une copie au bac dépend autant du correcteur que de l'élève. Prenons le cas de l'élève Pommier ! Si c'est moi qui corrige, à coup sûr je vais lui coller 17, parce que je préfère les chiffres impairs. Mais dans les mains d'un autre... Mon pauvre Frédéric ! Votre copie risque de perdre 10 points. Avec moi, 17/20, mention très bien ! Avec l'autre con, 7/20, même pas admis au rattrapage.

Alors il est 6h55, c'est la case humoristique de France Inter, et pourtant ce que je vous dis n'est pas une blague. En 2008, un chercheur Français a confié trois copies de science économique (série ES) à 66 correcteurs différents. Pour la première copie, les notes allaient de 8 et 18. Dix points d'écarts entre la meilleure et la moins bonne note. Pour la deuxième copie, ça allait de 5 à 15. Et pour la troisième, de 5 à 16. C’est flippant, non ? Si vous me croyez pas, tapez Bruno Suchaut sur Internet et vous tomberez sur son expérience menée en 2008 à Dijon.

Le bac, c'est une question de chance . Pour bien saisir le concept, faut se dire que la chance c'est tout ce qui ne dépend pas de notre volonté. Par exemple, le prénom. À part Jean-Philippe qui se fait appeler Johnny, personne n'a choisi son prénom. Votre prénom, c'est comme votre nom de famille, comme votre visage, comme vos parents, comme votre nationalité. Tout ça, ce sont des choses qu'on n'a pas choisies, C'est le hasard qui décide.

Pourtant le prénom, c'est un critère décisif dans les chances de réussite au bac. Selon les statistiques, quand on se prénomme Ulysse, Domitille, Émilien ou Guillemette, on a 1 chance sur 5 de décrocher la mention très bien. En revanche, quand on se prénomme Samia, Steven, Yacine ou Kimberley, on a seulement une chance sur 50 de décrocher la mention suprême. C'est bien dommage pour Samia et Kimberley. Mais sur France Inter, on s'en fout puisque comme par hasard... 91% des enfants d'enseignants décrochent le bac.

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