Hier après-midi, je regardais les chaînes infos pour suivre les discours à l'Assemblée quand ma fille à fait irruption dans le salon.

Elle est restée plantée sans rien dire, pendant à peu près 10 secondes. Et puis elle m'a demandé d'un ton angélique : « dis-moi Papa, ce serait pas un peu chiant ce que tu regardes ? ».

Houlà ! D'emblée, j'ai senti qu'elle voulait me piquer la télécommande.

Du coup, pour le débarrasser d'elle, je lui ai fait la morale : « M'enfin chérie ! Tu peux pas zapper au bout de dix secondes tout ce qui ne t'intéresse pas. En plus, là c'est un truc vachement important. C'est le Premier ministre qui parle de l'avenir de la France ! Si ça, c'est pas important ! »

Je pensais qu'après une petite tirade de ce genre, elle serait repartie dans sa chambre en se disant que les adultes sont vraiment débiles. Mais en fait, elle est restée plantée à écouter Manuel Valls.

Et puis au bout de dix secondes, elle a trouvé un nouvel argument pour récupérer la télécommande. Elle m'a demandé : « si c'est vraiment intéressant ce qu'il raconte, pourquoi est-ce personne ne l'écoute ? ».

De fait, à ce moment-là, on venait de voir un plan de coupe sur NKM et Devedjian assis côte-à-côte totalement absorbés par leur smartphone en train de tapoter des trucs sur leur clavier.

Évidemment, ma fille n'a pas manqué de faire le parallèle avec son cas personnel : « si moi, je sortais mon téléphone en classe, dès qu'un prof est pas intéressant, je passerais ma vie en colle ».

Mais apparemment, ça la faisait marrer de voir que les députés se comportent comme des cancres. Alors, elle s'est assise près de moi pour commenter. Entre ceux qui papotent comme les pipelettes du fond de la classe.

Ceux qui règlent leur courrier en retard, ceux qui se lèvent pour aller je ne sais où et les autres qui braillent à tue-tête pour couvrir la voix de Valls, elle n'a pas été déçue.

A la fin, elle m'a dit que Valls lui faisait penser à son prof d'espagnol de 5ème l'an dernier. Selon elle, « c'était pareil. Le prof il s'énervait tout seul sur son estrade, on comprenait même pas pourquoi. Le problème, c'est que dans le fond, il avait aucune autorité ».

Du coup, ça m'a fait flipper. Je lui ai dit : « excuse-moi chérie, mais tu m'inquiètes. Me dis pas que dans ta classe, c'est le bordel comme à l'Assemblée ».

Pour me rassurer, elle m'a dit : « oh non ! Quand même, c'est moins pire ! ».

Mais bon, j'ai zappé de moi-même sur une autre chaîne. Les débats à l'Assemblée, c'est pas un bon exemple à montrer aux enfants.

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