Bruno, la solution est très simple : il suffit de supprimer le ministère de la culture. Alors je sais, ça parait plus une provocation qu'une solution, surtout quand on parle face au ministre de la culture. Mais n'y voyez rien de personnel. Si toutefois Jean-Marc Ayrault écoutait cette chronique et qu'il etait emballé par mon idée au point d'annoncer la suppression du Ministère de la Culture dans la matinée, sachez que je serais désolé pour vous Madame Filippetti.

Mais bon, euh, faut aussi se mettre à la place de Jean-Marc Ayrault. Le pauvre ! Tout le monde se moque de lui parce qu'il manque d'autorité, alors à un moment, c'est normal. Il,cherche à montrer qu'il en a dans la culotte. Et forcément, s'il supprimait le ministère de la Culture, ce serait une manière éclatante de montrer qu'il en a de la poigne.Quelque soit son bilan au moment de quitter Matignon, si Jean-Marc Ayrault supprime le ministère de la culture, Il est sûr d'entrer dans l'Histoire. Parce que supprimer le Ministère de la Culture, c'est dynamiter l'héritage du Général de Gaulle.

Ce serait un vrai truc de soixante-huitard, parce que c'est de Gaulle qui a lancé le concept de ministère de la culture. Non pas que que de Gaulle eu cru que la Kulture nécessitât un Ministère. C'est surtout qu'il avait peur de se faire chier en conseil des ministres. Alors pour éviter ce désagrément, le Général a exigé que Malraux, son "ami génial", soit assis à côté de lui pendant que le Conseil.Du coup, il a fallu trouver un ministère pour Malraux. Au départ, on l'a mis à l'Information, mais il n'avait pas trop envie de censurer l'info sur la torture en Algérie, on l'a remplacé par un autre. Du coup, il s'est retrouvé sans vrai fonction, ce qui ne faisait pas très sérieux. C'est là que de Gaulle a demandé à Michel Debré de lui trouver un poste en rapport avec la culture, d'où la création du Ministère afférent. Alors voyez, si Jean-Marc Ayrault supprime le Ministère de la Culture, il n'y a pas vraiment offense au Général. Si son pote Malraux avait été collectionneur de timbres, il aurait créé un ministère de la Philatélie. Et est-ce qu'on a vraiment besoin d'un ministère de la philatélie ?

Ça fait longtemps que je n'ai pas relu les Mémoires de Michel Debré, mais il me semble que le père de notre République, cinquième du nom, n'était pas spécialement favorable à la création d'un Ministère chargé d'administrer la culture. Je me demande si dans ses Mémoires, il n'a pas dit que la culture avait surtout besoin de Liberté. Enfin, c'est pas vraiment la culture qui a besoin de Liberté, parce que la culture ce serait plutôt comme un vieux tronc de bois mort dans lequel les parasites sont à leur aise. Ceux qui ont besoin de Liberté ce sont les artistes, parce que l'art engage la vie, et que pour vivre vraiment on a besoin de Liberté ...Mais bon, c'est vrai que là on s'enflamme. Quand on parle de Liberté faut se méfier. C'est comme pour l'égalité et la fraternité. Voilà des mots gravés dans la pierre au fronton des mairies, du coup, on a l'impression qu'on peut leur faire confiance, et des fois, on est déçu ...Alors plutôt que de rêvasser sur des grands mots creux, soyons pragmatiques ! En économie, on se compare toujours avec l'Allemagne parce que c'est le modèle qui marche. Bin faut faire pareil avec la Culture. Si on veut que notre culture rayonne dans le monde, bin c'est pas compliqué. Il faut prendre exemple sur la culture qui rayonne le plus.

De ce point de vue, faut admettre que la France rayonne pas mal. Avec plus de 80 millions de visiteurs, nous sommes le pays qui attire le plus de touristes. Et en 2011, vous savez quel était le monument le plus visité de notre beau pays ? Bin c'est Disneyland Paris. Y'a pas à dire, y sont fort ces Américains. C'est dingue comme leur culture rayonne. On regarde des séries américaines, on va voir des films américains, on écoute de la musique américaine. Et même si notre gastronomie est classée au patrimoine mondial de l'humanité, ça n'empêche pas nos enfants de mettre du ketchup dans tous les plats. Figurez vous qu'au États unis, il n'y a pas de ministre de la culture. Soit disant que c'est pour éviter toute centralisation et tout art officiel.

L'équipe
Mots-clés :
(ré)écouter Le billet de Stéphane Blakowski Voir plus
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.