Cette semaine, la ministre des Affaires sociales a lancé un appel à la jeunesse de France. C'était mardi, lors de ses vœux à la presse. Marisol Touraine a demandé aux jeunes Français de ne pas devenir milliardaires.

C'est courageux de sa part, parce qu'il y a un vrai tabou sur ce fléau qui ravage notre jeunesse. Combien de jeunes Français commencent par gagner quelques millions, juste pour s'amuser?

Bien souvent, les parents ferment les yeux. Du coup, pour faire comme les copains, on crée un fond d'investissement qui brasse des centaines de millions. Et c'est comme ça qu'on se retrouve un jour sur yacht de 40 mètres, à bouffer du caviar, entouré de topmodels en maillot de bain.

Mais là, c'est trop tard pour se mettre à pleurnicher. Vous êtes un milliardaire.

C'est pour ça que Marisol Touraine a bien fait de tirer le signal d'alarme. Rien que l'an dernier, on a recensé 12 milliardaires de plus en France : il est temps de réagir.

On pourrait commencer par créer un numéro vert gratuit. Une sorte de "S.O.S. milliard" pour que les jeunes qui ont réussi leur première OPA puissent confier leurs angoisses à des psychologues. Parce qu'une fois qu'ils commencent à fréquenter les conseils d'administration des multinationales, c'est trop tard. Ils se mettent à acheter de l'art contemporain, ils épousent des actrices, ils fréquentent des politiques. Et là, y'a plus rien à faire.

C'est pour ça que le Ministère de l'Éducation doit faire de la prévention dans les collèges et les lycées. Au Forum des métiers, faudrait installer un stand qui sensibilise les jeunes au risque de devenir milliardaire.

Ce serait bien, aussi, d'inviter des milliardaires dans les classes pour qu'ils témoignent. Qu'ils racontent les inconvénients propres aux appartements spacieux, les désagréments liés aux voitures de sport italiennes, sans oublier les contrariétés dont les jets privés sont bien souvent la source.

Et puis on doit briser le mur du silence ! Les parents dont les enfants sont devenus milliardaires doivent pouvoir raconter leur calvaire sans crainte du regard des autres.

Évidemment, en tant que radio de service publique, nous ne devons pas fuir nos responsabilités. Excusez-moi de devenir un peu solennel pour l'occasion, mais c'est vraiment important que les jeunes comprennent que si on leur demande de ne pas devenir milliardaires, c'est pour leur bien. Nous on s'en fout, on a fait notre vie, on ne risque plus rien, surtout pas de devenir milliardaires. Mais c'est pour vous les jeunes. Faites gaffe, de pas finir milliardaires !

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