La présidentielle française, c’est nul,c’est trop simple. Alors que les élections américaines, ça c'est du show !

Depuis hier, j’entends des gens qui disent « oui vous en faites des tonnes avec l’élection présidentielle américaine, gna gna gna journalopes gna gna merdias gna gna collabos gna gna ta sœur devant l’AFP ». Sous-entendu « la présidentielle française, c’est bien aussi ». Bah non. 

Non. La présidentielle française, c’est nul, parce que c’est trop simple. 1er tour, ils sont 27, dont 27 pas très crédibles. Le débat d’entre deux tours, Marine Le Pen, aussi peu préparée que si elle revenait d’une soirée Cointreau à Dax, bredouille devant celui qui va la dégager. 

On vote mollement, un dimanche parce qu’il n’y a rien d’autre à faire le dimanche, Michel Drucker n’est même plus là, il est en train de se faire remplacer l’ensemble de ses organes pour tenir jusqu’en 2040. 

Dès 20h, on a le nom du gagnant choisi par défaut pour sortir le Rassemblement National, et à 20h04 le nouveau président fait face à son premier mouvement social, des types brûlent sa voiture en criant "démission" alors qu’il n’a même pas commencé. Mais la présidentielle US, quel suspense ! Ça, c’est du show, bébé ! Nous, jamais deux jours plus tard on est là à recompter les voix dans la Nièvre en se disant "le département 58 peut tout faire basculer". Alors que le système de vote américain, il faut une thèse en maths pour le comprendre, chez nous seul Cédric Villani voit comment ça marche. 

Hier je suivais sur Twitter Laurence Haïm, la journaliste qui a un pied en France, un pied en Amérique et donc les fesses dans l’Atlantique, elle détaillait tout : Pennsylvanie, 76% dépouillés, Trump mène, il reste 1 million de voix. Nous les derniers à avoir compté les voix comme ça, c’est Fillon et Copé il y a huit ans, les plic et ploc de la droite à mocassins à glands, résultat les deux sont à la retraite. 

Le suspense est total, Léa, Nicolas, on vit un truc en live, 48h que je regarde la cheminée du Bureau Ovale pour voir si c’est une fumée orange et jaune qui en sort ou une blanche. Le temps qu’on ait le nom du gagnant, son mandat de quatre ans sera déjà fini. 

Et même le destin des candidats est digne des plus grands soap-opéras, Trump mal-aimé par son daron, qui jamais ne lui a acheté de Kapla, donc il s’est vengé en construisant des tours en or. Biden, a perdu sa femme, sa fille, dans un accident de voiture, puis son fils il y a trois ans, et il n’a pas l’idée de se dire que si ça se trouve, c’est lui qui porte la poisse. S’il est élu, dans les trois jours un ouragan dévastera tout le territoire, puis Godzilla marchera sur l’Oregon avec des baskets pointure 112. 

Chez nous, le CV de Macron, c’était deux victoires au tennis au Touquet et un stage d’observation dans une banque. Eux, c’est "Spiderman" ; nous c’est "Louis la Brocante".

Les élections américaines, ça nous passionne. Hier je regardais CNews, parce que j’en avais marre des infos, il y avait Julien Dray, il a dit « les démocrates se sont plantés dans le choix de leur candidat ». Dray c’est un socialiste, ce sont ces gens qui il y a trois ans nous ont sorti Benoit Hamon qui a fait 6%, donc qu’il donne son avis sur la présidentielle US, c’est comme si Gérard Manset expliquait à Aya Nakamura comment pondre un disque d’or. 

Tous les épidémiologistes et les virologues des plateaux télé se sont transformés en experts de la politique américaine. C’est normal, parce que l’Amérique nous fascine. Eddy Mitchell a chanté Sur la route de Memphis, hein, pas Sur la RN 12 de Jouy-en-Josas à Brest. King Kong, il a pas fini perché sur le toit de l’hôtel de ville de Tulle, François Hollande a fait ça, un soir où il avait bu. 

Aux Etats-Unis, jusqu’au bout le suspense est intenable, hier dans le Wisconsin, état-clé selon Julien Dray, les résultats ont été retardés à cause d’un défaut de cartouche d’encre, c’est-à-dire que la situation à la con où nous on dit au stagiaire de troisième de changer la cartouche, eux, ça paralyse tout le système. Il y en pas un qui vote en même temps que l’autre, certains le font par courrier, d’autres par pigeon voyageur, c’est le foutoir, mais ça a de la gueule. Premiers résultats en 2024

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