Ce matin, Tanguy en a marre des hashtags

Oui, ça me gonfle, parce que nous les êtres humains, sommes des merveilles de complexité, on cligne des yeux 30000 fois par jour, 120000 pour ceux qui regardent This is us, quand il y a une scène où ils se souviennent de leur père, moi à chaque fois je dis « non non, c’est le wasabi, il était un peu fort », la personne qui a la chance de partager ma vie me répond « mais enfin, on a mangé de la blanquette ». On utilise, parait-il, 10% de notre cerveau, alors certes, sur certains ça se voit plus que sur d’autres, mais arrêtons de dire du mal des gens de C News. Même psychologiquement on est complexe, le fait de voir son père tout nu à l’âge de 5 ans peut signifier 10 ans de thérapie avec un psy qui vous dit « si si, prenez un mouchoir », vous répondez « non mais c’est le wasabi ». 20 ans si on a ouvert la porte de sa chambre sans toquer et que papa était en cuir avec une boule dans la bouche. Nous sommes tous fragiles au fond, le rappeur Booba, qui se fait les biceps en levant des Renault Clio, les 170 000 arbres promis par Anne Hidalgo, il peut les planter avec le petit doigt en 2h, bah vous lui parlez de sa mère, il se roule en boule et il chouine.

Notre monde, à nous qui sommes si complexes, mérite donc mieux qu’un hashtag, parce qu’un hashtag, ça nous limite, vous croyez que je suis content, quand Inter met en ligne la vidéo d’une chronique que j’ai passé tant de temps à écrire, de voir que des gens marquent hashtag trop fort, hashtag génie, hashtag le 7/9 gagnerait à l’avoir plus souvent ? Non. Et puis regardez l’affaire Mila, cette ado qui a insulté l’islam sur Instagram, pour ceux qui ne connaissent pas, Instagram, c’est une sorte de petite télé mais sans Alain Duhamel. 

Bah l’affaire Mila a divisé la France en deux, il y avait déjà eu la guerre entre les pro-PC et les pro-Mac, la guerre entre les pro-slip et les pro-caleçon, là-dessus, Dim a créé une nouvelle fracture en inventant le boxer, de loin la meilleure alternative pour nous les mecs, parce qu’on se sent à la fois soutenu et libre, ça donne une confiance folle, Emmanuel Macron porte des boxers, trop, 4 à la fois, Jean-Luc Mélenchon des slips, il est tendu, contracté, pas bien. Et bah maintenant il y a la guerre entre les pro-Mila et les anti-Mila, avec chacun leur hashtag, je suis Mila, je ne suis pas Mila, tout le monde prend parti, Ségolène Royal, Cyril Hanouna, ta tante, Jean-Michel Blanquer, son chat, à part Patrick Balkany, qui écrit hashtag « je suis… une célébrité, sortez-moi de là »

Les hashtags, c’est trop simple, on devrait pouvoir écrire hashtag je suis Mila mais je comprends la peine de certains quand elle dit que Dieu, je cite, elle lui met un doigt dans le cul, ce qui en plus est improbable, parce que personne n’a le doigt assez long, à part E.T sur son vélo qui vole si Spielberg avait été un peu inspiré. On devrait pouvoir écrire hashtag je ne suis pas Mila mais condamne le fait qu’on menace de mort une ado, qui réagissait elle-même à des insultes, hashtag contexte. Un hashtag, c’est un slogan, et un slogan, c’est idiot, « aux chiottes l’OM », « à bas les kurdes », « RTL 1ère radio de France », il n’y a rien de vrai dans un slogan. On est tellement occupés à faire des hashtags qu’on ne lit pas les hashtags des autres. Chacun dans son coin, avec une pensée qui tient en 3 mots, c’est tellement triste, on mérite tellement mieux que ça. Alors je suis Tanguy, je suis aussi Mila, je suis un duo en fait, je vais demander à être payé double. Et si vous n’êtes pas Mila, ça me dérange pas d’en parler. C’est ainsi qu’on avance. Hashtag love, hashtag bisous.

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