Ce matin, Tanguy nous parle de Twitter

Oui, Twitter, c’est ce réseau social sur lequel on va le matin de bonne humeur, on écrit « bonjour », puis on lit les réponses, « va crever, fils de teckel », ou « ta mère, c’est Benoit Hamon » voire, pour toute personne qui bosse sur Inter, « mange ton boulgour espèce de bobo », même si vous écrivez « vive Dupont-Aignan, le retour au franc et à l’épilation du maillot en triangle, la France c’était mieux avant », parce que vous êtes sur Inter, on vous soupçonne de rouler pour la gauche. Twitter c’est aussi un baromètre de popularité, ainsi Nicolas, vous avez 166000 abonnés, Léa 211000, moi seulement 40000, j’ai la vie d’un chihuahua à 3 pattes dans une course de lévriers transgéniques. Et ce qui est fascinant, sur Twitter, c’est de regarder les sujets les plus populaires, ceux qui sont en TT, trending topic, comme disent les anglophones tels Nelson Monfort, Eminem ou Eddy Mitchell. Quand on voit apparaître le nom de Christine Angot, ça permet de savoir qu’elle a dit une connerie. Quand on voit écrit TPMP, ça permet de savoir que quelqu’un sur C8 a mis une blanquette de veau dans le slip de Gilles Verdez, ce qui n’est pas si inconfortable que ça, notamment quand on doit rentrer à Vélib et que la selle est un peu usée.

Bref hier en TT, est apparu le terme WorldEnvironmentDay, jour mondial de l’environnement dans la langue d’Amel Bent. Là je me suis dit « ça y est, l’être humain se rend compte du désastre, à part Michel Drucker, on va tous mourir ». Les chiffres sont terribles : 95% de la population mondiale respire un air toxique, les seuls à en réchapper vont être les mecs des clubs d’apnée. On ingère des dizaines de milliers de particules de plastique par an, moi sur Air France, quand arrive le repas, je bouffe directement le plateau. Une bouteille plastique met 100 ans à se décomposer, alors que Michel Houellebecq a à peine mis 25 ans pour le faire. Quand Christian Estrosi, qui se baigne à Nice chaque week-end, va clamser et qu’on fera son autopsie, on va retrouver là-dedans des pots de yaourts et une bouteille de Canard WC, et ses proches diront « ah bah c’est pour ça qu’il avait l’haleine qui sentait toujours bon la menthe ».

Mais très vite hier sur Twitter, le jour mondial de l’environnement a disparu des sujets en vue, poussé par le terme Dorcelchallenge, du nom de Marc Dorcel, un producteur de X, ces films qui comportent peu de dialogues, à part « aah », ou « oui, c’est ça », plus rarement la phrase « poussin, on fait un 1000 Bornes ? ». Donc on se dit « zarma, c’est pas possible, la planète ne peut pas être battue par le porno, on a le sens des priorités », c’est comme si le jour où l’homme a posé le pied sur la lune, et pas la tête puisque la danse hip-hop n’existait pas, en direct à la télé, on était allé pisser. Et bien si, car Dorcel, à chaque personne twittant le terme « Dorcelchallenge », offre une minute de porno pour tous, et là, l’écologie ne peut pas lutter, l’homme est basique. Vous lui dites « c’est la fin du monde », il répond « ah zut », vous ajoutez « mais il y a du porno », il répond « ah bah, ça va alors ».

L’ultime possibilité pour Yannick Jadot de sensibiliser à l’écologie est donc radicale, il va falloir qu’il l’enfile, ce petit slip de cuir, tandis que Noël Mamère, en vidéo, lui susurrera à l’oreille des choses sur la protection des milieux humides. Les deux se rejoignent : sur terre comme chez Dorcel, il fait de plus en plus chaud.

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