Cette semaine, on a beaucoup parlé des signes de radicalisation.

Oui, et surtout comment les détecter ?, parce que Mickaël Harpon, de la préfecture de police, on ne se méfiait pas, type normal, sa seule caractéristique, c’est qu’il était sourd à 70%, ça veut dire que sur un album de Zaz de 10 titres, il ne pouvait en entendre que 3, il aurait du être épanoui. Mais le matin même, il a envoyé à son épouse un SMS disant « Allah m’a donné un signe », direct elle a appelé ses collègues pour dire « faites gaffe, il est pas net, sur l’échelle d’Arielle Dombasle, qui va de 1 à 10, il est à 87 », le résultat on le connait, et, je le dis pour nos auditeurs en cours de radicalisation, Allah n’a pas le temps de communiquer avec vous en tant qu’individu, pardon, mais il y a 1 milliard 8 de musulmans dans le monde, penser qu’il vous a choisi vous, c’est du nombrilisme, moi j’ai déjà du mal à attirer l’attention de Nicolas et Léa, je sais que Dieu ne va pas me dire au petit dej « ça va, Tanguy, mon pote, le fait que tu bouffes du Nutella illustre-t-il ta position par rapport à Éric Zemmour ? » et du coup, je reste seul mais modéré.

Seulement maintenant, je flippe, telle Sibyle Veil, notre présidente, quand elle passe devant le local de la CGT, parce que cette histoire nous enseigne que derrière le premier pleu-pleu croisé à la cafète peut se cacher un homme tout autre, l’apparence ne compte plus, aussi bien demain Alain Duhamel peut arracher sa chemise, dévoiler son tatouage I love Jean Lecanuet 1978 forever et se lancer dans le punk-rock. Yann Arthus-Bertrand peut, lors d’un pétage de plombs, s’épiler intégralement en criant « tant pis si ma moustache abrite une biodiversité exceptionnelle, je la rase ». On est plus sûr de personne. Regardez, moi, il y a un an on se connaissait pas, je viens de nulle part, qui vous dit que Yann Chouquet, notre directeur des programmes, ne m’a pas trouvé en Afghanistan lors d’un stage extrême où il apprenait à survivre en milieu hostile, il travaille à Inter, c’est violent, vous sortez Valeurs Actuelles on vous lynche.

Christophe Castaner a dit, il y a des signes faciles à repérer comme la barbe, tu parles, tout le monde est barbu, c’est la mode, Wauquiez barbu, Hamon barbu, Martine Aubry petit duvet mais ça va venir avec l’âge. Et parmi les barbus, comment distinguer le hipster cradingue du radicalisé religieux ? On lui jette une côte de porc, s’il convulse, c’est un islamiste ? Et si c’est un végane, il convulse aussi. Castaner a également dit qu’il fallait surveiller ceux qui ne font plus la bise aux femmes, je pense qu’il a récupéré un manuel des castors juniors spécial radicalisation dans un vide-grenier. Mais si un parisien qui fait 2 bises se met, parce qu’il est muté dans le Finistère, à n’en faire qu’une, est-ce un radicalisé ou juste un type qui veut s’intégrer afin d’être invité par ses collègues au One Club de Brest pour la soirée renard, belette et striptease de Mme Loïk ? 

Et puis personne ne parle des femmes, alors que ni Léa Salamé ni Sonia Devillers ne me font la bise le matin, elles ne me serrent même pas la main, malgré un physique avantageux qui me vaut le surnom de l’étalon du 116 avenue du Président Kennedy. Bref, c’est compliqué, Léa, dans une semaine sur la 2 vous recevez Castaner, il a une barbe, s’il fait moins de 15 bises, franchement, dénoncez-le, on ne sait jamais.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.