Ce matin, Tanguy nous parle du ministre des finances Bruno Le Maire.

Oui, je sais ce que tu te dis, auditeur d'Inter, mon loulou, déjà déprimé par la météo, les travaux de la maison qui n'avancent pas ou un psoriasis récalcitrant, tu te dis

Mais comment Pastureau peut-il nous faire rire en parlant de Bruno Le Maire, c'est aussi risqué que d'entreprendre de raconter une blague juive à Gaza ?

Parce que Le Maire, dans l'inconscient collectif, est ce qui suscite le moins de passion à l'échelle du monde, avec la cuisson des choux de Bruxelles et la biographie de Léon Zitrone du point de vue de la génération Y. Si le magazine Stupéfiant de Léa Salamé s'intéresse un jour à la thématique de la déprime, on filmera Jean-Louis Murat en train de réciter des discours de Bruno Le Maire, tandis que Mylène Farmer en slip de cuir s'ouvrira les veines en léchant un gros crucifix, avant d'aborder la partie 2 de l'émission, dans laquelle Pierre Arditti en larmes commentera la victoire de la droite, mais pour ça il faudra que Stupéfiant dure jusqu'en 2047, parce que Laurent Wauquiez, c'est plus un mannequin pour catalogue d'anorak qu'un cheval de compète. Bref, rien qu'en prononçant le nom de Bruno Le Maire, on fait pioncer tout le monde, il faut savoir que dans Stars sous hypnose, Messmer chuchote dans le creux de l'oreille de Laurie Thielemann "Bruno Le Maire", elle plonge dans le sommeil. C'est de sa faute, il est tellement propre sur lui, poli, même quand on le percute en Hummer alors qu'il traverse sur les clous, il s'excuse et demande si la voiture n'a rien. 

Alors qu'en fait, Bruno Le Maire, c'est un ouf, un déglingos, le dernier punk, c'est un punk à pull, c'est-à-dire que l'été il n'a pas un rat sur l'épaule mais un pull, et il défile à La Baule, donnant envie aux estivants d'aller faire un pogo dans le magasin Burton. Le Maire, il est rock'n'roll, ok, c'est l'esprit d'AC/DC dans le corps du papa dans Boule et Bill. Parce que là, tout seul, il a déclaré la guerre aux GAFA, les grosses boites du net, Facebook, Amazon, Google, il veut leur faire payer des impôts en France, elles n'ont jamais fait ça, ça revient à demander à Juliette Armanet si elle se sent de faire le fetival Hellfest en juin avec un triangle. Mais Le Maire, il s'en bat les steaks de soja, comme dirait Aymeric Caron, parce qu'il n'a plus un rond, notre cochon il est vide, donc c'est soit ça soit la banqueroute et on lui prend tout, son bureau, son fauteuil, son Gérald Darmanin, qu'on revend sur Meetic à une milf, et il ferme la baraque. Or un homme acculé c'est dangereux, comme aurait pu dire Jean-Marie Bigard s'il s'était trompé de voyelle. Les Etats-Unis ont menacé de saisir l'OMC, Bruno Le Maire, le Johnny Rotten du centre, a répliqué, il a dit "la France est un état libre et souverain qui décide de sa taxation ", en anglais, ça se dit "fuck off", Le Maire, une punchline et il met tout le monde à terre, c'est Eminem.

En plus, il dégomme tout le monde, il est destroy. Hier sur LCI, à quelqu'un qui lui reprochait de privatiser le groupe Aéroports de Paris, il a dit "pas du tout, mec, ça va être une concession pour 70 ans à un opérateur", 70 ans, comment tu veux vérifier, on sera tous morts, sauf Gérard Collomb qui préparera sa candidature aux municipales de 2092 à Lyon. Ca, pareil, en langage Le Maire, la novlangue des keupons, ça veut dire "fuck you". Moi je nous souhaite à tous de vivre encore 70 ans, comme ça, à l'Ephad des micros flétris, on pourra se dire "quand même, Le Maire, il nous a bien pris pour des cons. Quel punk".

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