Ce matin, Tanguy revient sur les annonces d'Emmanuel Macron d'hier soir...

Hier soir, le président Macron s’est durci en direct à la télé, devant des journalistes, en plus. Il a pris son air grave, le même que le docteur quand vous êtes venu pour une cystite et qu’il vous dit qu’il va falloir vous retirer tout le bas du corps. Et il nous a puni, parce qu’on est nuls en Covid, pourtant on porte le masque, on s’éloigne les uns des autres, moi quand quelqu’un me dit bonjour, je réponds « ta gueule », on est tous devenu aussi froids qu’Alain Juppé. Mais rien à faire, le Covid, il va, il vient, et comme on a moins de lits en réa sur le pays entier qu’il y en a dans le magasin But de Valenciennes, on est dépassés. Macron aussi, il fait celui qui gère, mais il est largué, lui qui depuis 2017 était d’humeur égale, une sorte de mix entre Jérôme Kerviel, Jean Lecanuet et Adel des 2Be3, ne sait plus comment se comporter. Pour la 1ère vague, il nous a dit « nous sommes en guerre », début juin, parce qu’il rouvrait les restos, il a parlé du retour des jours heureux, donc nous, on l’a écouté, on s’est lâché, le 1er restaurant de fruits de mer que j’ai pu faire en juin, j’ai bouffé 14 douzaines d’huitres. Depuis, au Cap Ferret, on m’appelle Attila. D’accord, Olivier Véran, tout au long de l’été, disait « faites attention, le virus est toujours là », mais on pouvait pas l’entendre, la musique du bar de plage était trop forte, à la rigueur Roselyne Bachelot quand elle monte dans les aigues, elle peut rivaliser avec un titre de house poussé à fond, mais Véran, il est si discret. Donc on a écouté Macron, on n’aurait pas dû, parce qu’il change d’avis tout le temps, c’est la guerre, ce sont les jours heureux, là ça repart, il reprend sa tête de Fantomas, visage impassible, et il nous prive. 

Alors on peut comprendre les mesures prises, le Covid, tout le monde se le refile, c’est comme quand on a eu un pull moche à Noël. Même Eric Woerth est cas contact, il est isolé, alors qu’il était déjà isolé, qui fréquente encore Eric Woerth ? Demain on va nous dire que Larusso est cas contact. Et la crise est mondiale, en Catalogne, ils ont fermé les bars, c’est-à-dire que Manuel Valls ne peut même pas prendre une cuite pour essayer d’oublier sa fin de carrière. En France, dans certains coins, on passe en état d’urgence sanitaire, ça signifie qu’on peut obliger Depardieu à se laver les cheveux. L’état d’urgence, ça autorise à dire aux gens « 21h tu sors plus », moi j’ai l’impression de revenir en enfance, Macron, c’est mon nouveau papa, le seul papa plus jeune que le gosse dont il a la charge. J’espère qu’ils vont nous remettre Casimir à la télé avant d’aller dormir, ou une autre créature orange comme Trump ou Jacques Séguéla. Coucher à 21h, ça veut dire que tout le monde va avoir votre vie, Carine, Nicolas, c’est la France Demorand. Finies les sorties à Paris, je vous raconte pas la patate qu’on va avoir, à 6h du mat’ on va être au taquet, vous avez intérêt à être bons la semaine prochaine, parce que le 1er bruit de bouche dans le micro, c’est direct 100 000 mails de protestation au médiateur de Radio France. 

Et puis Macron l’a dit, il recommande de ne pas être plus de 6 à la maison, parce qu’on porte le masque dehors, mais chez soi on le retire, avant le Covid on faisait pile l’inverse quand on faisait des soirées un peu hots. Attention, pour certaines familles catholiques qui sont 6 enfants un papa et une maman, il y a exception, n’abandonnez pas celui qui a les moins bonnes notes, ou qui écoute Kendji Girac. On ne se méfie pas de ses proches, un collègue, on se dit « il est malade », mais sa tante qui crache des glaires, on lui dit « bah alors tatie, t’as attrapé froid ? », la famille, ça reste la valeur refuge, sauf chez les Dupont de Ligonnès où ça n’a pas été une réussite. Donc moi je vais vous dire, autant hiberner, on se roule tous en boule, on pionce, dès 21h, et on se réveille au printemps, quand Macron nous dira que c’est le retour des jours heureux. Avant, bien sûr, de tous nous reconfiner 15 jours plus tard.

  • Légende du visuel principal: Tanguy Pastureau en studio © Radio France /
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.