Ce matin, je suis venu faire un coming-out : j’aime de plus en plus Donald Trump.

Oui, Trump, cet homme orange en bas et jaune en haut, qui ressemble à une mandarine qui aurait muri par en-dessous, me rassure. Je sais que ce point de vue n’est pas partagé en France, et d’ailleurs, à l’issue de cette chronique, je quitte le pays, un tandem Uber m’attend devant la Maison de la Radio, on va prendre la piste cyclable de la rue de Rivoli, je m’arrête à l’hôtel de ville pour dire à Anne Hidalgo que je suis zéro carbone, j’espère avoir un bisou, ensuite Gare du Nord, l’Eurostar et Londres. Une fois arrivé, quarantaine, comme les teckels, puis je séduis Jean-Jacques Goldman, qui y habite, on se marie, répartition des tâches, lui fera la cuisine, moi je m’occuperai de ses droits SACEM, une vie heureuse dans un pays moins sectaire.

Alors Léa, Nicolas, ainsi que tous ceux qui nous écoutent, Mme Martine Sanchez de Pau, M. Léopold Martin à Valenciennes, la famille Le Gallec de Plougastel, ok, j’arrête, ils sont 4 millions, j’aurai pas le temps, vous vous dites « pourquoi Pastureau adule-t-il Donald Trump ? ». « Est-ce que par provocation, la même qui le pousserait, sur Fun Radio, à diffuser du Wagner ? ». Et bien pas du tout, mais vous me connaissez, je suis névrosé, mal assuré, Léa, si après votre livre Femmes Puissantes vous sortez le volume 2, Hommes Fragiles, j’aurai mon portrait, j’ai peur de tout. Le Covid, j’en ai peur, depuis que ça a commencé, je n’ai touché personne, même pas moi-même, pour me savonner le matin, je me jette sur le savon les bras en l’air. 30 points de suture depuis mars. Or contre le Covid, il n’y a toujours rien, le vaccin de Poutine ne marche pas, il l’a testé sur une seule personne, un certain Alexeï Navalny, il a mis ça dans son thé, on a été obligé de le placer en coma artificiel, échec. Tous les médecins prédisent une flambée des cas à l’automne, et Donald Trump lui, mardi, a dit « le vaccin ? il arrive dans 3 semaines si on se sort les doigts, allez, 4 si on les laisse là où ils sont ». Et bah c’est idiot, mais ça m’a fait du bien d’entendre ça. 3 semaines, ça fait le 8 octobre, on envoie aux États-Unis Laurence Haïm ou François Durpaire, ce monsieur qui fait des dessins dans ses cheveux parce qu’il est en rade de feuilles A4, et ils nous en rapportent 3 doses. 

Quant au réchauffement climatique, c’est pareil, je suis atterré, 450 euros de fringues, j’ai acheté, pour la rentrée, c’est-à-dire un pull chez Kooples, on est mi-septembre, il fait 35. On est tous là à végéter dans des T-shirts informes, elle en prend un coup, l’élégance française, heureusement que les touristes chinois ne viennent plus, parce qu’au bout de 2h passées à nous voir, on les mettrait sous Xanax. Et l’autre jour, Trump était en Californie, où tout brûle, Brad Pitt avait une villa de 17 pièces, il a juste sauvé son cabanon de jardin en faisant pipi dessus, quand ses 6 gosses viennent le voir, pour les faire dormir, il les empile. Trump a donc rencontré des californiens, ces gens qui ont 90 dents blanches chacun, ils l’ont sensibilisé au réchauffement, qui assèche les sols et fait que ça brûle, vous savez ce qu’il a répondu ? « Ça finira par se refroidir ». Bah pardon, mais je suis heureux d’entendre ça, on sort de 3 ans de Greta Thunberg qui ronchonne, ça rassure d’avoir un avis plus positif. Trump, c’est un mec simple, vous faites une dépression, 4 mois que vous vivez en pyjama sans sortir de chez vous, il sonne, il vous dit « tu finiras par aller mieux », il repart. Là aux États-Unis, des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs ont été retrouvés sans vie, je suis sûr qu’il va dire « ils finiront par revoler ».

Alors je sais qu’il raconte n’importe quoi, mais c’est tellement confortable de croire que ça va finir par se refroidir. Je suis à ça de me payer un 2ème pull Kooples. 

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