Dernière chronique avant les vacances pour Tanguy Pastureau...

Oui, puisque je reviens une fois tous les 15 jours, comme les règles chez la femme habitant juste à côté de la centrale de Fessenheim. Avec Chris Esquerre, nous avons la garde partagée du petit jeudi 8h55, on a la vie d’un couple divorcé, d’ailleurs nous ne faisons pas l’amour, et quand quelqu’un me demande qui, au moment de la séparation des biens, a gardé le peigne, je réponds « personne, moi par manque de cheveux, lui par manque d’ambition ». Nous sommes assis lui et moi sur le même fauteuil, ce qui fait que si l’un de nous se trompe de semaine, on sera l’un sur les genoux de l’autre, et enfin renaitra cet esprit de camaraderie qu’on ne trouve plus qu’à la CGT de Radio France quand un pote déboule avec une casquette à l’effigie du Che. Ce fauteuil qui est le fauteuil de tous les humoristes Inter, nous sommes 800, et qui en a vu défiler, des culs, le mien, ferme et galbé, le cul de François Morel, le plus agréable, parce qu’il sent le week-end, celui de Sophia Aram, laïque et engagé, le cul d’Alex Vizorek, belge et absurde, sous la photo duquel on pourrait mettre en légende « ceci n’est pas un cul », et si je vous parle sous la ceinture ce matin, c’est parce que je suis chaud.

Oui, je suis chaud, à faire passer le site Youporn pour la page du catalogue Bricorama consacré aux meuleuses électriques. C’est normal car demain, c’est l’été, la saison où on le retire, ce petit slip sur la plage des Landes, entouré de hollandais seulement vêtus d’un sac banane, où ils rangent les pièces de monnaie pour le Mikojet de 16h30. L’hiver, physiquement, fait penser à Eric Woerth, toujours un peu triste, quand il commence ça parait interminable, mais l’été, on est sur un Yannick Jadot, du légume frais, du croquant, de l’authenticité, ces marchés ardéchois où le monsieur qui vend ses fromages sent comme ses fromages. L’été, on se souvient qu’on n’est pas juste un cerveau, et on reconnecte avec son corps, Michel Onfray ose une soca-danse, Alain Finkielkraut hurle « foutu pour foutu, je m’éclate », et se met à frapper un djembé lors de la soirée africaine à la salle des fêtes de la Grande-Motte.

Le poète disait « l’été sera chaud l’été sera chaud dans les T-shirts dans les maillots », et même si là on porte plutôt des shorts, puisque nous, les hommes, nous sentons tellement plus libres ainsi, il fait toujours plus chaud. 41 degrés en Corse en juin, la moitié de l’ile a fondu, à Evreux, 29 jeunes en service national se sont évanouis, on les a planté au soleil pendant une heure sous le cagnard, le service national, qu’il soit volontaire ou pas, il y a une constante, c’est toujours aussi con. Angela Merkel, en plein soleil, elle s’est mise à trembler, c’est la seule femme à être répertoriée sur l’échelle de Richter, j’ai cru que c’était la danse de l’été, je me suis dit « bah c’est avec ça qu’on va conclure ». En fait, elle était déshydratée, a-t-elle dit, 30 degrés dehors, elle convulse, grâce au réchauffement climatique, tous les allemands vont clamser et enfin on sera premiers sur la croissance. 

La prochaine fois que nous verrons, c’est à la rentrée, si Dieu veut, lui mais aussi Yann Chouquet, le directeur des programmes. Nous serons beaux, aussi bronzés que Jacques Séguéla quand la dame du Point Soleil l’a oublié dans la machine. Nicolas, Léa, vous aurez dormi, ce qui fait que ferez tous votre âge et pas celui de Jean-Pïerre Elkabbach. Le sommeil, c’est le Botox du matinalier. Bel été, et faites attention, ça tape.   

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