Hier sur Twitter une auditrice écrivait à France Inter et à moi-même en demandant ma titularisation au 7h55, sans doute quelqu’un de ma famille qui a pris un nom d’emprunt.

Alors c’est impossible, parce que je ne tiendrai pas, là c’est mon 3ème dodo à me lever à 6.30 et physiquement j’ai l’impression d’être Édouard Balladur après 4h de zumba, j’ai failli appeler Roland Dumas pour lui dire « merci bébé pour mes comptes de campagne en 95 ». Roland Dumas qui a 98 ans, comme quoi porter des chaussures de qualité maintient l’ensemble du corps en bonne santé. Voilà, tout ça, c’était des blagues pour nos auditeurs les plus âgés, j’aurais dû, d’ailleurs, les dire plus fort.

Bref, ce message m’a fait plaisir, parce que les réseaux sociaux sont toujours présentés de manière négative, harcèlement, intégrisme, photos d’Hugo Clément faisant des selfies avec des phoques à qui il fait manger du boulgour bio. Et c’est vrai que moi en 88 pour harceler un prof, il aurait fallu que je me connecte au 3615 Géraldine sous le pseudo Sucette69, que lui soit là en même temps, sous le pseudo Socialiste forever, un truc de prof, et que je lui envoie un message atroce. Mais là en 2 clics on peut déverser toute sa haine, parfois sur internet, vous écrivez « bonjour », on vous répond « va crever, fils de yorkshire ». Mais vous savez quoi ? Les réseaux sociaux, il va falloir vivre avec, Mark Zuckerberg ne va pas tout plaquer pour vivre dans une yourte. Donc pour l’instant, ce sont des réseaux, c’est à nous de les rendre sociaux. D’où la règle des 10 secondes, donnons-nous 10 secondes pour réfléchir si on doit envoyer ou non le post qu’on a préparé, c’est rien 10 secondes, c’est le temps qu’il faut à Pascal Praud pour hurler 8 fois « je hais France Inter ». En 10 secondes, on se met à la place de celui ou celle qu’on vise, en sachant que c’est un être humain, avec une sensibilité, certains plus fragiles que d’autres, il y a aussi bien Loana que Manuel Valls, et on se dit « est-ce que moi j’aimerais recevoir ça ? ». La réponse est toujours non, et si vous avez juste l’idée d’écrire « chère tata, je te fais des gros poutous », vous n’avez pas besoin de réfléchir, envoyez.

Et même dans la vie, Cyril Hanouna, s’il réfléchit 10 secondes, dira-t-il que Charlie Hebdo jette de l’huile sur le feu ? Non, il lancera plutôt des serpentins trempés dans de la crème sur Gilles Verdez. Jean-Luc Mélenchon, 10 secondes de réflexion, mettra-t-il tous les tchétchènes dans le même panier ? Non, il dira « je les aime pas, mais j’ai un copain qui a un très bon ami tchétchène, donc voyez, je reste ouvert à la différence ». Les réseaux sociaux, c’est la foire à la pulsion, mais on n’est pas des bêtes, bazar de Dieu, donc remettons de l’intelligence dans la machine et envoyons-nous des messages avec écrit « bisous ». 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.