Comme tout le monde, Tanguy est actuellement confiné et se rappelle de l'époque où la radio ce n'était que de la voix et rien que de la voix, sans vidéo aucune.

Je suis chez moi au centre de Paris, tout est en marbre sauf la culotte des WC en or, exactement comme le bureau de Laurence Bloch notre directrice. Et là, vous vous dites soit Pastoureau raconte n'importe quoi, soit c'est moi qui ait vraiment mal négocié mon contrat à Inter !

Et c'est ça qui est formidable avec ce confinement, c'est qu'on peut faire rêver l'auditeur, c'est être mal lavé et pas bien peigné. Oui, ce matin, c'est le mystère, personne ne sait où je suis précisément, à part la DGSI mais il faudrait vraiment que Christophe Castaner n'est vraiment que ça à foutre.

Et même comment je suis sapé ! En grenouillère, en cuir, vêtu d'un simple slip. Même nu, Ali, vous êtes à la Maison de la radio, vous êtes obligé, d'être clean, vous devez attendre minuit, minuit et demi pour vous lâcher, et encore, tous les petits clubs sont fermés.

Moi, je fais ce que je veux. Je ne suis plus qu'une voix telle Céline Dion, elle a envoyé des postillons à une vitesse de 400 km/h dans les yeux de ses fans, ça leur a traversé la tête en faisant un trou à l'avant, un trou à l'arrière !

Et le grand intérêt de ce confinement, c'est qu'il n'y a plus de vidéos de nos chroniques, ces trois minutes gênantes où on voit quelqu'un de moyennement glamour lire une feuille A4. Prenez des vidéos à moi, elles sont atroces, on voit ma peau qui pend, mes cheveux qui tombent, parfois, ils tombent en live, j'essaye de les rattraper. Une fois dans le studio, il y'avait Alain Souchon, il m'en a ramassés deux pour les coller sur sa tête à lui, la vidéo a plombé le principe de la radio et celui du physique de radio.

Vous, Ali, vous êtes êtes pimpant, mignon, l'oeil tendre, c'est simple, ce sera commercialisé sous l'appellation suprême d'agneau mais en réalité, c'est un scandale. La radio a toujours été le média des moches, vous prenez la place d'un moche. Le seul créneau qui leur reste dans le métier, c'est Fort Boyard, on leur file un masque et on les roule dans la boue. 

Avant la vidéo, la radio, c'était du son. Moi quand j'étais petit j'écoutais Jacques Vendroux, et bah au son de sa voix j'imaginais un type fabuleux mélange de Mickey Rourke. Et quand je l'ai vu, bon, OK, je l'ai trouvé encore mieux que ça parce que j'adore les moustachus, à part Hitler et Sadam Hussein. Jacques Vendroux est le seul moustachu vivant mais j'aimais cette époque où on ne savait pas à quoi ressemblaient les gens de radio. Je me souviendrai toujours du moment où j'ai découvert que Macha Béranger était une femme. La radio, c'est le média des physiques approximatifs des gens qui puaient la clope sans filtre et la névrose. 

C'est la vidéo qui nous a transformé en Boys band : Guillaume Meurice, il est beau, Vizorek, beau, Sophia Aram, belle, Augustin Trapenard sublime, ce regard chaud il peut faire fondre tout un magasin Picard tout en reluquant des choux fleurs surgelés ; même la présidente Sibyle Veil est belle : le jour où elle me mettra à la porte je serai encore là à lui demander de faire un selfie avec elle. 

La radio ce n'est pas ça. La radio c'est une voix, pas de visuel, je veux juste entendre Christophe André, vous disant Ali de ralentir, d'être à l'écoute de vous-même. Il m'a rendu tellement zen que quand j'ai dévalisé la supérette pour acheter du PQ, j'ai pris que du lotus. 

Sur Inter, nous sommes à nouveau des voix. Rien que ça. Et c'est bon ! 

Ali je ne veux plus jamais qu'on se voit.

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