Ce matin je voulais vous parler de la récurrence du mot "baby-foot" dans l'œuvre d'Edgar Allan Poe, une récurrence étonnement faible, sur laquelle personne ne s’est jamais interrogé, mais comme c’est bientôt la fin de l’année et que je sens bien que vous n’êtes plus très concentrés, je vais plutôt vous parler de tennis. Pas la chaussure, le sport. Parce que -et je risque de vous choquer- moi je suis pour le tennis. Et j’ai pas peur de le dire. C’est un débat qui revient souvent ces dernières années, « Pour ou contre le Tennis ?», vous savez qu’il y a en France toute une frange de la population qui est obstinément contre, au prétexte que ce serait un sport trop cruel, notamment au moment de cette tradition qui veut que le vainqueur du match coupe les oreilles et la queue du vaincu (Non Charles Jaigu, « les oreilles et la queue du vaincu », cherchez pas c’est pas une contrepètrie. On dirait mais en fait non. Au mieux ça fait « les ovaires et le cul du rein veille, ça veut quand même pas dire grand-chose)

Mais aux partisans du Contre, je veux répondre d’une part qu’il ne faut pas exagérer, ça n’a jamais tué personne de se faire un peu tirer les oreilles et titiller la queue. N’est-ce pas Alex Taylor ? Et d’autre part je me demande s’ils ne confondent pas avec une autre discipline… Je ne veux pas m’avancer mais je crois que c’est au karaoké qu’on coupe la bite et les oreilles du cheval.

En tout cas je suis tellement pour le tennis, que je me suis rendu hier à Roland Garros. Voilà comment ça s’est passé, vous verrez qu’il n’y a rien eu de sanglant.

Vis ma vie de star que pas grand monde connaît et dont personne ne retient le nom :

Bienvenue à Roland Garros Monsieur !?…

-Dedienne

-Delienne.

-Non, Dedienne ! Avec un d comme Dedienne.

-Devienne ?

-Dedienne !

-Ben non, Devienne.

-Ben quand même je sais comment je m'appelle !

-Oui mais moi là j'ai Devienne sur la fiche ! Vous êtes invité par qui ?

-Ben par Roland Garros !

-Par Roland Garros ?! Il est mort dans un combat aérien le 5 octobre 1918 à Vouziers dans les Ardennes, Roland Garros. Ça m’étonnerait qu’il vous invite aujourd’hui.

-Ah oui non, j’ai été invité par Lacoste.

-Quel Lacoste ? Henri Lacoste l’architecte, Vincent Lacoste l’acteur, Catherine la golfeuse, Edmond Lacoste, le poète, Joris le metteur en scène, André-Claude Lacoste, l’Ingénieur Général des Mines Président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, Monique Lacoste, la volaillère de Montceau-les-Mines, quel Lacoste Monsieur Galienne, y’en a des wagons des Lacoste.

-Non, Lacoste… le crocodile.

Bon, après une bonne demi-heure de prise de bec, j’ai réussi à entrer dans les tribunes et là je m’excuse mais c’était très sympa. D’abord on m’a offert une bouteille d’eau minérale, sympa. On a fait la Ola, sympa. Y’avait du soleil, sympa, j’ai croisé Christian Estrosi, bon…

Y’a un type qui s’est présenté à moi, un ancien ministre, il m’a dit qu’il s’appelait Guy Drut, je sais pas où il est allé chercher ce nom-là mais ça m’a bien fait rigoler.

A un moment y’a même un bout de tôle qui s’est décroché et qui a failli tuer 45 personnes d’un coup, c’était hyper bien fait. Alors en revanche c’est toute la partie avec le grand black et le petit japonais qui tapent dans un petit ballon en mousse pendant des plombes avec une grosse tapette à mouche, et un gros monsieur perché sur une chaise de bébé qui de temps de temps dit des chiffres à haute voix, ça j’ai moins aimé, j’ai pas trop compris.

Mais sinon tout le reste, super.

C’est con que le type soit mort dans les Ardennes en 1918, je l’aurais bien félicité. Et puis si je peux me permettre, faut vraiment y aller pour s’en rendre compte, parce que c’est un peu comme le sexe : en vrai ça fait pas le même effet qu’à la TV.

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