C’est un remplacement temporaire. Et non pas Tempura, qui désigne des petits beignets de crevettes, et qui par conséquent n’ont rien à faire dans cette chronique, faut pas raconter n’importe quoi aux Français !

C’est pas que ça me ferait pas plaisir de rester toute l’année avec vous "Éricatherine", je vous trouve super, vous êtes propres pis vous êtes bien peignés, je sais pas si ça s’entend à l’antenne, mais c’est simplement que je ne peux pas me lever aussi tôt, même une seule fois par semaine, c’est contraire à mes gènes de feignasse d’intermittent, je risquerais de péter une demie douzaine d’anévrismes avant la fin du mois de juin.

Alors chers auditeurs, chère Catherine et cher Éric, je suis désolé, mais je ne vous souhaite pas une bonne année. Ne vous méprenez pas sur mon compte je suis un garçon courtois et bien élevé, je ne mange jamais la bouche pleine et j’aide les vieillards à se lever dans le bus pour prendre leur place, mais simplement je me refuse à vous souhaiter une bonne année. Attention j’ai pas dit que je vous souhaitais une année toute pourrie qui pue des pieds.

Je nourris pas dans le fond de mon cœur le fol espoir que vous preniez 45 kilos en une nuit chère Catherine ou qu’avant le printemps Éric vous perdiez vos cheveux, vos dents, l’usage de la parole et de la moitié de vos jambes et de vos bras et que soyez par conséquent limogé de la matinale d’Inter au profit de Cyril Hanouna, c’est pas ça que je dis, je dis simplement que je ne vous souhaite pas une "bonne année"…

Parce que j’y crois pas à cette formule. Y’a quelque chose qui cloche dans « Bonne année », qui sonne toujours un peu faux. C’est comme « est-ce que ça va ce soir ? » dans les concerts, ça tient pas debout. Forcément sur un Zénith de trois mille personnes, y’en a qui vont bien, y’en a qui vont bof pis y’en a qui ont été défiguré la veille par un chirurgien plastique amateur. Ça n’a pas de sens…

« Bonne année chers auditeurs », c’est pareil, collectivement ça tient pas la route, il y a parmi vous chers auditeurs je le sais, des salopards, des pervers narcissiques, des pourris jusqu’à l’os, des cannibales, des contrôleurs RATP, des crapules, y’a peut-être même mon ex qui nous écoute, et donc à tous ceux-là j’ai pas du tout envie de souhaiter quelque chose, à part un bel herpès labial.

Alors je sais y’a aussi et surtout des chics filles et des types super et bien gaulés qui écoutentFrance Inter le matin, mais soyons lucides, y’a douze mois dans une année, y’a je sais pas combien de jours, y’aura forcément des emmerdes un de ces quatre jeudis.

Sur 12 bouteilles de Puligny-Montrachet, y’en a au moins une de bouchonnée, Éric vous qui en buvez une tous les matins au p’tit déj, vous confirmez ? Ben, dans une année, c’est pareil.

Dans une année, y’a des joies, y’a des peines, y’a des barbeucs sympa au début de l’été mais y’a aussi des dîners ratés avec des gros cons, y’a des romances merveilleuses dans des petits hôtels avec vue sur mer, pis y’a Monsieur qui prend toute la couette une nuit sur deux. Y’a des anniversaires surprises, pis y’a « ça fait un an qu’on est séparé avec Michel ».

Y’a des spectacles qui aident à vivre, pis y’a couscous aux lardons pour la énième année.

Y’a Modiano prix Nobel de Littérature pis y’a [le] Trierweiler adapté au cinéma.

Y’a des interdits bancaires et y’a une heure de massage offert. Y’a je t’aime pis y’a je t’aime plus, y’a je te jure que c’est pas ce que tu crois. Y’a grand-mère qui a fini ton écharpe pis y’a tu devrais te dépêcher d’aller la voir. Y’a Tu viens danser ? Pis y’a je sais pas ce j’ai ça va passer…

C’est ça une année, c’est ça la vie, non ? J’ai l’impression que c’est ça.

Alors non chers auditeurs, je vous souhaite pas une bonne année, je vous souhaite une année, je vous souhaite d’aller au bout c’est déjà pas si mal…

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