Cher Eric Delvaux mieux que deux Patrick Cohen, Chère Catherine Boullay de canon, oui je suis flatteur et néanmoins sincère, ce matin, pourquoi ? Qu’est-ce qu’on a au menu de l’actu ? Pas grand-chose, on sent qu’elle se fatigue l’actu, elle est comme moi, elle a commencé en janvier sur les chapeaux de roues et là, elle est exsangue, vannée, elle a besoin de bronzer cul-nu sur une plage du sud de la France.

Alors d’abord en entrée : la sortie du film de Guillaume Nicloux, les émouvantes retrouvailles d’Huppert et Depardieu, qui ne s'étaient pas vus depuis... 40 kilos !

Ensuite, en plat principal, c’est le bac, l’épreuve de philo et son cortège de lycéens acnéïques et épuisés qui vont devoir plancher sur ce sujet hautement philosophique, à savoir « Les portables doivent-ils impérativement être éteints pendant l’épreuve ? ».

Et en dessert, la cerise sur le gâteau marbré de l’actualité -je suis étonné que vous n’en ayez pas parlé davantage : Moi. Parce que, vous ne l’ignorez pas, c’est mon avant-dernier billet à vos côtés, avant-dernier ou dernier si une grève, une tourista ou un décès intempestif ou m’empêche d’être des vôtres la semaine prochaine…

D’ailleurs la semaine prochaine, je vous ferai une grande déclaration d’amour. A vous Eric et Catherine, mais aussi vous Charles et Alex que j’ai eu bonheur à fréquenter. Je rappelle d’ailleurs que le sulfureux livre d’Alex Taylor « Journal d’un apprenti pervers » est toujours disponible en librairie, et que le manuscrit de Charles Jaigu, intitulé « Journal d’un quinquagénaire de droite aux rapports sexuels bisannuels » n’a pas encore trouvé d’éditeur.

Alors ce matin pour mon pénultième billet, puisque c’est bientôt les vacances, et donc bientôt le farniente, la mozzarella, le rosé pamplemousse et les tatanes, mais aussi les polars indigents plein de grains de sables, les odeurs de Monoï, les « Tu r’veux du melon Chantal » et les « Thomas, lâche ta sœur, lâche ta sœur ça fait cinq minutes que tu lui maintiens la tête sous l’eau, tu vois bien que ça la fait plus rigoler, c’est pas un hippocampe », mais aussi les chemisettes et les bermudas, les poissons à la plancha, les «Tu vas nous chercher les glaçons », les « Oh oh non moi j'en peux plus j’ai bossé comme une folle toute l’année », mais aussi les nectarines et les brugnons, les coups de soleil, les coups d’amour, les coups de je t’aime, le tour de France, les Gérard Holtz, le churros, les « Oh la belle rouge, oh la belle bleue, oui c’est joli mais c’est quand même nos impôts », les cartes postales imbéciles, les cigales et les scandales d’Avignon, les clameurs d’Aix, les karaokés, les best-of à la télé, le pastis et les fruits de mer, les retrouvailles au camping et les anulingus dans les waters..

Bref, puisque les joies estivales approchent, voici ma consigne à l’attention/intention des auditeurs d’Inter.

Chers auditeurs : Ne faites rien. Rien de rien. Faites comme moi, ne visitez rien, ne lisez rien, ne parlez plus, coupez vos téléphones, n’alimentez aucune polémique et aucun débat, ne faites rien de rien, reposez-vous, rêvassez, prenez le soleil en pleine poire, conjuguez le verbe s’alanguir à tous les temps et à tous les modes, n’apprenez et n’élaborez rien, et laissez-vous faire. Laissez-vous aller. L’été n’est pas prêteur, c’est là son moindre défaut. Que faisiez-vous aux temps glauques ? Vous bossiez ? J’en suis fort aise, et bien chômez maintenant !

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