Chers Amis, je ne savais pas du tout de quoi vous parler dans mon p’tit billet du mercredi…

Ah oui d’ailleurs j’en profite pour dire que je ne fais pas de « chronique », j’aime pas ce mot, je le dis à la France entière qui m’écoute (puisqu’on a eu les chiffres des audiences, chaque mercredi à 6h55, on enregistre un pic à 66,03 millions d’auditeurs, c’est-à-dire que ça correspond à la France entière, pile).

Donc je le dis à la France entière : je ne t’appelle plus jamais France, tu ne m’appelle plus jamais « chroniqueur ». J’aime pas. Non, j’y entends « croc », et « niqueur », et ça me rappelle deux choses que je ne supporte pas : mon dentiste et ma sexualité. Et comme en ce moment, je consacre beaucoup plus de temps au premier qu’à la deuxième, j’ai pas envie qu’on me le rappelle.

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Voilà simplement je ne fais pas de chronique, je ne fais pas non plus un édito, ça, ça se la raconte trop Charles Jaigu. Je fais un billet. Un p’tit billet.

Donc je ne savais pas du tout quel billet j’allais vous fiche ce matin, j’ai vraiment tout envisagé, j’ai balayé l’actu d’un regard étonné et charmant, l’œil droit étonné, le gauche charmant. J’ai regardé, j’ai vu la Grèce, et un paquet d’espoirs à l’horizon, j’ai vu le procès Bettencroute là, et un paquet de pognon à l’horizon, j’ai vu la hausse de plein de trucs, le chômage, le prix du ticket de métro, l’islamophobie… ça va la hausse, labès ? Labès !

Et puis j’ai vu qu’il y avait des décédés. C’est souvent qu’il y a des décédés dans l’actu. C’est bien les décédés, c’est pas toujours rigolo les décédés mais ça fait des bons sujets de billets les décédés. Enfin ça dépend des décédés. Y’a décédés et décédés. Pis y’a des cds aussi, mais de moins en moins, l’industrie du disque est en baisse.

Par exemple, y’a Demis Roussos, mais je vais être franc, ça m’a rien fait. Rien de rien, enfin si ça m’a fait triste mais pas plus que quand y’a plus de Choco-Vanille.

Mémorial aux victimes de Charm El-Cheikh au cimetière du Père Lachaise
Mémorial aux victimes de Charm El-Cheikh au cimetière du Père Lachaise © Radio France / Renaud Biondi-Mauge

Pourtant j’adore ça pleurer les chanteurs morts. Ca fait partie de mes trois loisirs fétiches, avec éplucher les champignons de Paris et chanter Les Vieux Mariés de Michel Sardou (il fredonne). Hé oui Ericatherine, on s’est mis d’accord avec tous les copains billettistes de 6h55 pour vous verser du Sardou tous les matins dans les oreilles, jusqu’au burn-out/Le premier qui fait un burn-out a perdu.

José Arthur, c’est pareil, je vois bien que c’est triste, mais moi je connaissais pas.

Alors voilà du coup je voulais pas feindre un hommage posthume à Demis Roussos, j’avais envie de vous parler de la première vedette que j’ai pleuré quand elle a disparu.

Je me souviens j’étais pas vieux, j’étais assis dans une tarte au citron et je mangeai un salon de thé meringué… ou alors, c’était l’inverse, je me souviens plus j’étais petit. Quand soudain mon téléphone a sonné, j’ai mis de la meringue partout sur le clavier, et j’ai ouvert ce texto de ma copine Judith : Jacques Villeret est mort 19 points d’exclamations, smiley avec 4 sourires très tristes.

C’était il y a 10 ans, tout pile, jour pour jour. Et c’est tout pourri comme anniversaire.

Ca fait 10 ans que Jacques Villeret est mort, ça fait dix ans que toutes les tartes au citron meringuées que je mange ont un petit goût de Jacques Villeret, un petit goût de Moi non plus Che n’ai pas changé, un arrière goût de Soupe au choux, un p’tit goût de rien n’va plus, un p’tit goût de dîner à la con, un p’tit goût de chagrin.

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