Avant de commencer mon billet, dans un souci de transparence et pour épargner à l’audiovisuel public d’autres scandales après Mathieu Gallet et Madame Truc-Muche de l’Ina, je déclare être venu à France Inter ce matin en taxi, pour une somme de 19,77 euros payée par la station. J’ai absorbé en arrivant 3 petits cafés pris au Thermos du foyer, et j’ai mangé un petit croissant au beurre, volé dans la réserve secrète de Patrick Cohen.

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Voilà. Pour accréditer ma déclaration, je ferai une analyse d’urine à la sortie de ce studio, qui mettra en lumière la présence dans mon organisme de ce seul croissant au beurre et je publierai la note du taxi sur France Inter.fr. #cahuzac

Voilà, on peut y aller. Douce Dorothée, Bel Eric, ce matin j’avais très envie de vous parler d’un sujet qui me semble essentiel, à savoir la reproduction des taupes au Moyen-Orient, et puis au tout dernier moment, je me suis rendu compte que j’en avais rien à secouer donc j’ai changé mon braquemard d’épaule comme on dit… pas, et je vais plutôt vous parler d’un sujet qui m’intéresse bien plus : moi. Je vais vous parler de moi, de mon intimité, c’est un peu gonflé je sais mais je m’y sens autorisé par ma torride et délicieuse lecture du Journal d’un apprenti pervers d'Alex Taylor, disponible chez J'ai lu dans la collection Revue de presse et perversité, que l’auteur ici présent m’a gracieusement fait livrer par coursier il y a dix jours, accompagné d’un superbe martinet en cuir 11 lanières et d’un coffret dégustation de 23 flacons de poppers haut-de-gamme. Moi l’intimité j’en raffole, je suis comme ça, je suis intimophile ou intimovore, je me délecte des histoires les plus secrètes de mes contemporains.

Je vous conseille d’ailleurs à ce titre l’excellent ouvrage de Charles Jaigu intitulé « Je vous demande de ne pas vous arrêter », dans lequel il narre avec force détails ses relations charnelles avec l’intégralité du gouvernement Balladur dans les années 90 (c’est bouleversant) et j’attends de pied ferme, Eric et Dorothée, la parution en DVD de votre déjà très controversée Sex-tape tournée entre 3h et 4h du mat’ dans les sous-sols de la Maison de la Radio!

Bon, revenons à moi, et à mon intimité -plus sentimentale- que j’ai décidé de vous livrer ce matin. Hier soir, j’avais avec la trop belle personne qui partage ma vie une discussion sur la fidélité. Cette notion terrifiante et douloureuse, qui hante les esprits et les amours depuis la nuit des temps. Certains prétendent que ça n’est qu’une idée, qu’un concept qui tient à peine debout et que la sexualité est l’un des derniers plaisirs gratuits et purs qu’il convient de s’offrir à tour de bras (même si ça n’est pas vraiment de ce membre-là qu’il est question). Autrement dit, comme il est écrit dans la Bible « Baisons nous les uns les autres, comme Dieu nous a baisés ». D’autres au contraire nous diront que la fidélité est une pierre précieuse, qu’il faut chérir et protéger et qu’elle est le ciment des plus belles histoires d’amour.

Il y a quelques jours, vendredi soir pour être exact -car il faut être exact, nous sommes une radio de service public-, j’ai eu la chance de voir le premier concert de la tournée de Juliette Gréco, qui est certainement et malheureusement une tournée d’Adieu. J’ai vu sous mes yeux ébahis et embués cette merveilleuse silhouette frêle et menacée faire l’un de ses derniers tours de chant. J’ai pleuré mes larmes en redécouvrant La chanson des vieux amants, les Vieux, Avec le temps, la Zoubida (cherchez l’intrus)…

Et je me suis dit : voilà une artiste qui depuis plus de 60 ans est fidèle à son public, qu’elle ne le quitte pas, ne le trompe jamais. Juliette Gréco n’a jamais couché avec d’autres spectateurs que les siens, n’a jamais embrassé d’autres carrières que la sienne, n’a jamais flirté avec le moindre public de passage. Alors voilà, devant cet exemple, je décide de croire en la fidélité. Je crois aussi que les histoires d’amour durent toujours, et que la vieillesse n’existe pas.

Pour les dames indignes qui à 88 ans chantent encore Déshabillez-moi, et jouent de l’accordéon sur leur petit corps fragile, non, elle n’existe pas. La vieillesse n’est qu’une idée, qu’un concept qui tient à peine debout.

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