Pièce de monnaie (franc)
Pièce de monnaie (franc) © jovik

1983-2011, même combat ? A presque vingt ans d’écart, on pourrait parfois faire du copier-coller, entre ce qui était écrit hier et ce que vous lisez aujourd’hui. Ainsi, ouvrez ce récent ouvrage, reprenant des articles publiés par le quotidien Le Monde et intitulé Les Grandes Crises Politiques Françaises, de 1958-2011 . Similitude des problèmes évoqués et des solutions préconisées.

Comme un éternel recommencement produisant toujours des résultats inefficaces. Ainsi de cet article intitulé Déchirer le voile , dans lequel François Renard parle des « assauts répétés de la spéculation et de la défiance » dont est victime le franc. « Face à la tourmente monétaire, la huitième ou dixième en vingt moi s, ajoute-t-il, la seule réaction des milieux officiels est d’exiger la réévaluation immédiate d’un mark dont le crime est d’être trop fort dans un pays trop vertueux, cela pour la onzième fois en trente-cinq ans. L’Allemagne paiera ! Comme si cette réévaluation-miracle pouvait résoudre le problème lancinant posé dès le soir du 10 mai 1981 : à quelles conditions un pays socialiste, à la française, peut-il s’insérer dans une Europe qui ne l’est pas et à quel prix ? »

Dans un autre article intitulé, Le débat Escamoté , c’est Philippe Labarde qui évoque le dilemme du gouvernement Mauroy et du président Mitterrand devant la réponse économique à apporter à la crise monétaire et de l’endettement.

« Première constatation », écrit-il, « le gouvernement n’est pas totalement maître du jeu. Le franc français faisant partie du système monétaire européen, il ne peut pas ne pas tenir compte de la ruée sur le deutschemark qui perturbe considérablement le fonctionnement dudit système. Des conversations discrètes entre Paris et Bonn se déroulent depuis plusieurs jours. Au centre du débat, un réajustement monétaire, qui paraît inévitable, tant sont fortes les pressions sur du marché. A’ Paris, on a tendance à considéré que le problème concerne essentiellement les Allemands (…) [mais] M. Khol ne l’entend pas de cette oreille.

(…) Deux possibilités s’offrent. La première consisterait à procéder à un réajustement général des parités. Cette solution [obligerait]Paris à accepter une troisième dévaluation en moins de deux ans (…) D’où l’idée sérieusement envisagée de frapper un grand coup en faisant sortir le franc du système (SME) ! Cette démarche spectaculaire aurait au moins l’avantage de permettre à la Banque de France d’économiser de précieuses devises, mais elle comporte bien des incertitudes (…). Assisterait-on à un glissement continu dont le premier effet serait de renchérir nos importations puisque le franc fléchirait alors vis-à-vis de toutes les devises, y compris le dollar ?

(…) Le pouvoir examine tous ces scénarios. La politique de rigueur ne [devrait pas être]remise en cause. Reste à savoir qui en supporterait le poids. « Faire payer les riches » ne serait pas suffisant et l’effort, pour être efficace, devrait être largement réparti »…

Ca vous rappelle quelque chose ?

© Audrey Pulvar

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