Le dessin de Jonaten du 03-05
Le dessin de Jonaten du 03-05 © Jonaten / Jonaten

Il faut lire ce matin dans Le Figaro , le mot du jour, « Encore un mot » choisi par Etienne de Montety : le mot « duel », puisqu'hier soir, les deux finalistes de l'élection présidentielle se sont livrés à un duel singulier, le temps d'un débat.

Il ne faut surtout pas confondre le « duel » et le « duo ».

Le duel vient du latin « bellum », la guerre, alors que le « duo » vient du chiffre « deux ».

Dans le duo, les protagonistes sont côte à côte, alors que dans le duel, ils sont face à face.

Dans le premier cas, ils croisent leur voix ; dans l'autre, ils croisent le fer. C'était le cas hier soir : les deux finalistes étant de fines épées -allusion à Albert Camus, l'esprit ne peut rien contre l'épée.

Le duel a été interdit par Richelieu : c'était en 1626 ; rétabli par Giscard et Mitterrand en 1974 avec l'arrivée du duel à la télévision.

Jadis, le duel avait lieu au petit matin ; c'est désormais en soirée, sur un plateau. Pour le reste, les règles sont inchangées.

Hier soir, le duel était tantôt frontal, tantôt à fleuret moucheté. Les combattants ont sorti ou tenté de sortir leur botte secrète. A Jarnac, terre de François Mitterrand, on en produit d'excellentes.

Duel d'autrefois et duel d'aujourd'hui : la différence est de taille. Au temps des mousquetaires, les duellistes venaient accompagnés de leurs deux ou trois témoins. Hier soir, les témoins se comptaient par millions de téléspectateurs.

Les duellistes croisent le fer quand les duettistes croisent leurs voix. Le duel, c'est Sarkozy/Hollande ; le duo, c'était Stone et Charden.

© Eric Delvaux

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