Le dessin de Jonaten du 05-12
Le dessin de Jonaten du 05-12 © Jonaten / Jonaten

Ca n’a pas pu vous échapper. Jeudi dernier, là, pouf, à la veille d’un week-end hanté par une angoissante question pour certains : y aura-t-il des trains à Noël ? Elle n’a pas pu vous échapper, cette annonce de Dodo… de Villepin (pfiou !) : le 13 décembre prochain, l’ex-premier ministre, dira s’il veut ou il veut pas. Ou plutôt s’i’va-t’y ou va-t’y pas. Candidat à la présidentielle de 2012 ou candidat inavoué à un gouvernement d’Union Nationale. Quoi ça ? Dominique de Villepin au gouvernement, sous la férule de Nicolas Sarkozy ? Dominique-Marie-François-René-Galouzeau-de-Villepin se rangeant, docile, derrière la bannière de Nicolas ? C’est ce que tous les « commentateurs » prédisent. Allons, allons… On a la mémoire sélective ou quoi ?

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Dominique de Villepin : " Je suis ici par la volonté d'un homme, je suis ici par l'acharnement d'un homme : Nicolas Sarkozy" *

Vous vous souvenez, l’ouverture du procès Clearstream, Dodo, brushing et hâle impeccables, légères et so sexy pattes d’oies, regard lançant des éclairs, mâchoire serrée, indignation non-feinte : toute sa splendeur, quoi. Une superbe à laquelle répondait la non moins déterminée colère froide du Président, pas disposé à passer l’éponge, d’ailleurs pour lui, le procès avait eu lieu avant même de commencer.

Nicolas Sarkozy : "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le Tribunal correctionnel" **

Alors, comment ces deux là, malgré leurs démonstrations de réconciliation depuis la relaxe, en première instance comme en appel, de Dominique de Villepin, pourraient-ils travailler ensemble ? Intérêts bien compris ? Grandeur d’âme ? Décidément en politique on n’est non-seulement jamais mort mais surtout jamais déçu par ses ennemis. Malgré une affaire d’Etat et des années de rivalité, de haine, de mépris mutuels au grand jour, voilà Nicolas Sarkozy évitant de reproduire avec l’ex-Premier ministre les erreurs que Jacques Chirac fit avec lui et Dominique de Villepin peut-être sur le point de jouer l’Union, plutôt que de tenter l’aventure. Pourtant les sondages au plus bas, les soutiens passés l’un après l’autre dans le camp adverse, la solitude… ça vous a un petit air de 1995, non ? Bon, faut pas déconner non plus. L’argent du RPR en moins et avec 1% à 2% d’ intentions de vote, Villepin n’est pas seulement outsider, il est carrément en-deçà du réel. Mais qui sait ? Pas forcément hussard, l’écrivain Dodo. Et si on devait tout simplement, ici et maintenant, saluer le talent de Nicolas Sarkozy pour rassembler les droites ? Borloo anesthésié, Villepin désarmé… Le Pen pillé(e). La dernière fois qu’on a vu cela, c’était en 2007. Un parti qui tire à hue, un candidat qui tire à dia, petites phrases et alliés amers : en face aussi, tiens, les configurations se suivent et se ressemblent. On connaît la suite !

© Audrey Pulvar

*Dclaration du 21 septembre 2009, par Dominique de Villepin, en arrivant au Tribunal de Paris dans le cadre de l’affaire Clearstream

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**Extrait de l'interview de Nicolas Sarkozy lors du journal de 20 heures de TF1 et France 2 - le 23 septembre 2009

Extrait musical diffusé :

« On s’aime pas » d’Alain Souchon, extrait de l’album live « Défoule sentimentale », édité en 1995, chez Virgin



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