Pas de chance pour Gaston, ex magnat du RPR, sur ce coup-là, Chirac n’aura rien pu pour lui. Et pourtant, Dieu sait si ces deux-là s’en sont rendus, des services, en quarante ans d’amitié politique. Pas de pot pour Papa Flosse, plaider l’anosognosie, ça aurait été trop gros. Ca se serait vu un peu quand même. Pas de bol pour l’insubmersible, c’était l’un de ses surnoms, personne, pas le moindre Delanoë à l’horizon, pour colmater la voie d’eau. No way, coco. C’est par la case prison ferme qu’il faudra passer, sauf décision plus clémente en appel. Il faut dire que des casseroles, Flosse en fait collection.

Gaston Flosse, 80 ans, ancien président de la Polynésie Française, a été condamné à quatre ans de prison ferme, 83 800 euros d’amende et cinq ans de privation de ses droits civiques, civils et familiaux, par le tribunal correctionnel de Papeete, pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt, dans un affaire d’emplois fictifs. Ca vous rappelle quelque chose ? Son avocat dénonce un « procès politique », « pas besoin d’être prix Nobel de physique nucléaire pour comprendre ça », ajoute-t-il.

Ah bon ? Les balladuriens règlent leurs comptes avec les chiraquiens ? Hypothèse légèrement tirée par les cheveux, peut-être. Alors ce serait le pouvoir en place, la Sarkozie qui liquiderait la Chiraquie ? Devoir d’inventaire. Mais attendez, on ne suit plus, là. Parce qu’on nous avait bien expliqué qu’ils étaient réconciliés. Que l’UMP paierait près de 2 millions d’euros pour que la Mairie de Paris se retire du procès de l’ancien chef de l’Etat. Alors, ce qui se fait à Paris ne se répète pas à Tahiti ? Allons, allons... Ce que la justice reproche à Flosse ? C’est d’avoir fait rémunérer par la présidence de l’Assemblée de la Polynésie, des syndicalistes, des animateurs de radio (tiens, tiens !), des militants de son parti, des responsables d’associations sportives, des militants de son parti, des employés des services sociaux, pendant près de dix ans. 4,5 millions d’euros, au moins, d’argent public, payant des personnes qui en réalité travaillaient au succès du parti politique de Flosse, le Tahoera’a, et aux réélections de son président. 4 millions et demi d’euros, à l’échelle de la Polynésie Française. Deux députés UMP ont également été condamnés dans cette affaire à des peines de prison avec sursis.

Flics ripoux, procureurs sur la sellette, fulgurantes intuitions auvergnates, ministres acoquinés avec des marchands d’armes et proches aux trop grandes oreilles… Avec de tels amis, pas besoin d’ennemis.

© Audrey Pulvar

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