Une chronique d'Eric Delvaux

Le dessin de Jonaten du 07-02
Le dessin de Jonaten du 07-02 © Jonaten / Jonaten

A la Une de Libération ce matin, les propos de Jean-Luc Mélenchon, invité spécial du journal qui inaugure une nouvelle série d'entretiens avec les candidats à la présidentielle. Mélenchon comme un boxeur : son combat vise d'abord à ancrer, à gauche, le centre de gravité du PS. Frapper, frapper, frapper encore… Mais frapper qui ?

Nicolas Demorand résume la liste des adversaires : le capitalisme financiarisé, les timorés de la laïcité. Cogner, aussi, sur le Front national, les xénophobes, même si la brutalité des coups ne semble pas encore avoir porté ses fruits.

Jean-Luc Mélenchon, c'est aussi une forte tête : quand il est arrivé, hier matin, au siège de Libération , le candidat du Front de gauche était déjà en train d’être punché par Jean-Jacques Bourdin, sur RMC. Et quand il descend de la moto taxi devant le siège du journal, une journaliste vidéo de Libération le filme. Et cela, Jean-Luc Mélenchon s'en méfie toujours. « Pour qui elle me filme celle-là ? ». Et puis, il va se détendre avant un nouveau combat, devant l'ensemble de la rédaction de Libération .

Il est venu seul ; pas d'attaché de presse, pas de secrétaire, seul ; face à la rédaction.

Pendant deux heures et demie d'entretien, il va livrer une partie à 200km/heure, écrit Libé .

A grand renfort de dialectique marxiste, l'ancien trotskiste-lambertiste va poser d'emblée un rapport de force avec ceux qu'il appelle « le représentant du système médiatique ».

A propos de la supposée mauvaise foi de Jean-Luc Mélenchon, après tout, cela fait partie des principes philosophiques selon Sartre, lui lance Nicolas Demorand. « Oui, sauf que Sartre, c'est pas mon biberon », lui rétorque le candidat Front de gauche. « Moi, c'est plutôt Camus ».

L'ancien PS cogne encore : on évoque la vraie gauche, celle de l'époque De Gaulle et Pompidou, rien à voir avec la gauche « bobo ».

Les derniers rounds seront plus calmes : Mélenchon va quitter le journal après deux heures et demie d'un combat livré tambour battant. Frapper, frapper, frapper encore… A lire sur sept pages dans Libération.

© Eric Delvaux

Extrait musical diffusé : « Quatre boules de cuir »

de Claude Nougaro

Album : « Toulouse/Succès de 1965 à 1969 »

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