Mine de charbon, mineurs
Mine de charbon, mineurs © laurent KB

Trois fois en moins de quinze jours. Trois accidents sur des sites miniers en Chine. Fin octobre, un coup de grisou tuait 29 personnes, dans la province du Hunan. Samedi dernier, c'est dans le centre du pays que 8 mineurs mourraient, après une explosion dans un boyau de la houillère où ils travaillaient. Aujourd'hui, 40 mineurs sont piégés sur un site d'exploitation de charbon. Une opération de sauvetage est lancée. Les heures qui viennent seront décisives.

Qui s'en soucie ? Qui oserait taquiner la Chine, sur le manque de sûreté de ses installations minières ? Environ 2500 personnes, selon les chiffres officiels, largement sous-évalués selon plusieurs ONG, meurent chaque année en Chine à la mine. 2500... c'est plus de 6 par jour et c'est l'un des dommages collatéraux de la croissance chinoise. Un décompte macabre généralement bien plus élevé en période hivernale, en raison de forte demande de charbon. A l'approche de la saison froide, les exploitations minières sont en suractivité. Pourtant, les morts chinois ne suffisent pas. Malgré une production de plusieurs centaines de millions de tonnes de charbon par an, la Chine va devoir en importer près de 200 millions cette année. Elle se fournit auprès de nouveaux clients : Afrique du Sud, Indonésie, Colombie... Le nombre de victimes d'accidents miniers s'envolera-t-il également dans ces pays ? On ne le souhaite pas, bien sûr. Certitude en tous cas : l'augmentation des émissions de CO2. Autre dommage collatéral, outre les accidents et la dégradation de l’environnement, ce sera la pression à la hausse sur les prix mondiaux du charbon. D'autant plus forte, cette pression, que les pays d'Europe qui veulent sortir du nucléaire vont pallier par un plus grand recours au charbon, comme en Allemagne. Hier, un défenseur du nucléaire affirmait que les prix du gaz augmenteront également, puisque cette énergie est une autre alternative à l'utilisation du nucléaire. Polluer plus ou payer moins, il va falloir choisir.

© Audrey Pulvar



L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.