Paul Biya
Paul Biya © MREBRASIL

Six c’est le nombre magique dans cette élection. Six mandats successifs, le record que Paul Biya est en train d’établir. Le président de la république du Cameroun, Paul Biya, est candidat à sa propre succession. Pas besoin d’une primaire, il est le leader incontesté, mais pas du tout incontestable, d’un parti au pouvoir peu partageur.

Oh, il y a bien 22 autres concurrents, mais ils sont là pour épater la galerie, rien de plus. Fantaisistes, versatiles, peu impliqués, ces dirigeants d’une opposition très disparate ne réussiront pas à renverser un régime en place depuis 1982. Dans le monde de Paul Biya il y a deux types de personnalités politiques : celles que l’on a corrompues et celles que l’on va corrompre. Ainsi, on apprend en lisant la presse ce matin, que le président camerounais a autorisé, voire encouragé, l’abus de bien sociaux et certains trafics relevant de la mafia.

Et tant pis pour celui qui refuse de voir son silence acheté par quelques gages, il sera accusé de « détournement de fonds publics ». 9 anciens ministres sont en prison. Pourtant, la corruption, c’est bien, officiellement, l’un des fléaux auxquels entend s’attaquer le président sortant.

Tout comme les grands travaux, ou plutôt les « grandes ambitions », un programme de travaux publics promis en 2004, lors de la précédente présidentielle. Il n’a jamais commencé.

Cela n’empêche pas Biya de promettre cette fois qu’à nos grandes ambitions succéderont de grandes réalisations. Il serait drôle, s’il n’était tragique, ce président qui ne gouverne son pays que d’un œil, passant une grande partie de son temps à se faire soigner et masser à Genève, n’ayant pas conduit de Conseil des Ministres depuis deux ans. Un président considéré comme responsable, par les associations de défense des droits de l’Homme, du massacre de 139 personnes, en 2008. De jeunes manifestants, fauchés par les tirs à balle réelle de l’armée. Que réclamaient-ils ? Que le président ne modifie pas la Constitution afin de pouvoir briguer un nouveau mandat.

Paul Biya, largement soutenu par la France depuis des décennies, souvent reçu en grande pompe dans notre pays, tolérant avec les manières des grandes entreprises françaises, sur son territoire.

Contrepartie ?

© Audrey Pulvar

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