Le dessin de Jonaten du 11-04
Le dessin de Jonaten du 11-04 © Jonaten / Jonaten

Dans Le Figaro et Le Parisien ce matin, l’affaire Trayvon Martin, qui n’en finit pas de susciter le débat aux Etats-Unis. Illustration, s’il en était encore besoin, des tensions, braises jamais éteintes, entre noirs et blancs. Depuis quarante jours, et la mort de ce jeune noir de 17 ans, tué par un habitant du quartier où il vivait, le pays est divisé. Le meurtrier de Martin, George Zimmerman, affirme avoir tué l’adolescent en état de légitime défense, parce qu’il se sentait menacé. Martin n’était pourtant pas armé.

Ce jeune sans histoire était simplement sorti acheter des bonbons et du thé, pour sa petite amie, et rentrait au domicile familial. Y-a-t-il eu altercation entre les deux hommes ? Zimmerman faisait partie de ces citoyens volontaires au maintient de l’ordre dans le quartier. Il aurait averti la police du comportement suspect, selon lui d’un individu, mais n’était pas censé sortir de sa voiture pour le poursuivre. D’ailleurs l’a-t-il réellement poursuivi ? S’est-il battu avec Trayvon Martin ? En quoi celui-ci représentait-il une menace si sérieuse ? Et qui est cet homme dont les déchirants appels à l’aide ont bouleversé tous ceux qui l’ont entendu ? L’écoute de l’enregistrement de l’appel aux services de police d’une voisine, dans lequel on entend clairement des appels à l’aide d’un homme, venant de la rue, suivi d’un coup de feu, laisse sans voix. Les défenseurs de Trayvon Martin affirment que c’est l’adolescent que l’on entend hurler, ceux de Zimmerman soutiennent le contraire. En vertu de la loi sur la légitime défense en vigueur en Floride, Zimmerman n’a pas été inquiété, il est rentré chez lui, avec son arme. L’émoi suscité est tel que, tout de même, une procureure spéciale a été nommée. A elle de déterminer si des poursuites doivent être engagées ou pas. La famille de Martin ne réclame pas vengeance mais « simplement » qu’une enquête judiciaire et un procès aient lieu. Bref que la Justice fasse son travail… Pas sûr qu’elle soit entendue.

Voulez-vous jouer au pendu ?

Ca commence par un R, finit par un R… un mot en sept lettres définissant le quotidien de centaines de millions d’Européens ? Vous cherchez ? Les Echos vont vous aider. Dans l’Espagne de Mariano Rajoy, 10 milliards d’euros d’économies, sur les dépenses de santé et d’éducation. Le gouvernement espagnol veut « redéfinir l’offre basique de services publics », et pourrait annoncer la fin de la gratuité des soins pour les contribuables gagnant plus de 100 000 euros par an. Ca c’est pour l’anecdote. Pour le réel, la baisse des dépenses de santé c’est, déjà, dans les faits, la fermeture de lits, de dispensaires et, en Catalogne, par exemple, des services d’urgences nocturnes… Ah bon ?

En Italie, 4 plans de rigueurs successifs et un objectif, réduire de 232 milliards d’euros la dette, essentiellement par des hausses d’impôts et de taxes. Les prélèvements obligatoires vont augmenter de près de 40 milliards d’euros cette année puis de 80 milliards en 2013 et 2014. Aujourd’hui, le litre d’essence à la pompe coûte déjà 2 euros, les tarifs des transports et des hôpitaux sont en hausse, les prestations sociales en baisse, la TVA en hausse… Le report de l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans et la désindexation des pensions du coût de la vie, ce sont dès 2012 près de 3 milliards d’euros de moins pour les retraités. Le pouvoir d’achat des Italiens n’a jamais autant chuté depuis 1995. Constat presque identique au Portugal, en Irlande, En Belgique, en Grèce… Ou encore au Royaume-Uni, où l’on pratique également le gel des salaires des fonctionnaires, la suppression de 700 000 emplois dans la fonction publique, le triplement des frais d’inscription à l’université… La Grande-Bretagne, déjà championne du travail partiel, demandera à ses précaires de travailler plus pour gagner moins. 200 000 ménages vont perdre plus de 4000 euros de revenus par an. Le détail qui tue ? Les titulaires de pensions d’invalidité : ils devront prouver, lors de contrôles accrus, qu’ils sont bien invalides et méritent bien de bénéficier de la solidarité nationale. Le fraudeur est partout. Sauf à la City.

© Audrey Pulvar

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.