Le dessin de Jonaten du 11-06
Le dessin de Jonaten du 11-06 © Jonaten / Jonaten

Quelle vision, quels commentaires dans les journaux ce matin après ce premier tour des législatives ? Jetons un œil sur les éditoriaux des trois journaux emblématiques que sont Libération, Le Figaro et L’Humanité .

Pour le patron de Libération Nicolas Demorand, le rapport des forces au sein de la future majorité parlementaire est très clair : un quasi monochrome rose, avec quelques franches touches rouges et de petites traces vertes.

Au final, même si le parti de François Hollande n'a pas de majorité absolue, la domination socialiste est telle que l'on se dispensera des subtiles ou rugueuses « combinazione » avec les alliés.

Sur le score de l'UMP, Nicolas Demorand y voit « la déconfiture d'un mouvement qui a fait l'erreur de dissoudre ses différentes composantes dans parti unique » .

Enfin, sur le score de l'extrême droite, le patron de Libération estime que le FN est là pour longtemps. Un Front national toujours brun, en dépit d'une vague couche de peinture bleu marine. « Le parti reste ouvertement xénophobe » écrit Demorand, xénophobe et plus fort que jamais.

Dans Le Figaro , son patron Etienne Mougeotte porte évidemment un tout autre regard sur le premier tour des législatives.

Pour lui, l'UMP s'en sort bien, d'abord parce qu'elle fait jeu égal avec les socialistes ; ensuite parce que le recul du Front national par rapport à la présidentielle va limiter le nombre de triangulaires avec le FN.

Selon Etienne Mougeotte, avec les socialistes viendront des lendemains qui déchantent, car « les Français savent bien qu'on ne peut pas constamment cacher la poussière sous le tapis ». On reconnaitra au passage la métaphore toute sarkozyste de la poussière et du tapis.

Un œil enfin sur l'éditorial de Patrick Apel Muller dans L’Humanité. Il déplore la bipolarisation de la scène politique PS contre UMP. C'est, selon lui, l'un des effets pervers de la limitation du mandat présidentiel à cinq ans, amplifié par l'absence de proportionnelle. Le paradoxe, selon le patron de L’Huma , c'est de voir un Front de gauche qui conforte sa place de deuxième force de gauche dans le pays en progression par rapport à 2007, avec pourtant le risque de perdre des députés la semaine prochaine.

Concernant le sort de Jean-Luc Mélenchon, L'Humanité prend acte, en appelant à « la mobilisation de toutes les voix démocrates pour battre Marine Le Pen ».

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