« L'humanité est dans le pétrin. Ce n'est pas une nouveauté, cela dit. Aussi loin que l'on puisse remonter, l'humanité a toujours été dans le pétrin. Le fardeau des soucis et des misères que doivent porter les êtres humains, comme individus ou comme membres des sociétés organisées, est à la base la conséquence de la manière hautement improbable, j'oserais même dire stupide, dont la vie fut vécue dès l'apparition de l'Humanité.

Depuis Darwin, nous savons que nous avons des origines en commun avec les membres inférieurs du royaume animal; les vers de terre comme les éléphants ont à supporter leur lot quotidien d'épreuves, d'ennuis et de tracas. Les humains ont pourtant le privilège d'en supporter une dose supplémentaire, dont la source est un groupe d'individus appartenant à ladite race humaine; Ce groupe est beaucoup plus puissant que la Mafia, le complexe militaro-industriel ou l'internationale communiste; c'est une groupe dénué de statut, sans structure ni constitution, sans chef ni président, qui réussit pourtant à fonctionner parfaitement à l'unisson, de telle sorte que l'activité de chaque membre contribue à amplifier et à rendre plus forte et plus efficace celle de tous les autres. [C'est] l'une des plus puissante forces obscures qui entravent le bien-être et le bonheur de l'humanité.

(...)

Sur ce point, la Nature semble bien s'être surpassée. On sait que la Nature réussit, assez mystérieusement, à maintenir la fréquence relative de certains phénomènes naturels. Par exemple, que l'espèce humaine se multiplie au Pôle Nord ou à l'Equateur, dans les pays riche ou en voies de développement, que les parents soient noirs, rouges, blancs ou jaunes, la proportion hommes-femmes est constante parmi les nouveaux nés; avec un léger avantage pour les mâles. On ignore comment la Nature parvient à ce résultat remarquable mais nous savons qu'elle doit pour cela embrasser des quantités importantes. Ce qu'il y a de plus remarquable, dans la fréquence de la stupidité, c'est que la Nature la maintient égale à la probabilité sigma. On trouve donc le même nombre d'individus stupides dans les groupes humains les plus nombreux comme dans les plus restreints.

Il y a les stupides et puis il y a les absurdes. Comme nous les aimons… »

Extrait des Lois Fondamentales de la stupidité Humaine .

Un petit essai hilarant de Carlo M. CIPOLLA, historien de l'économie, mort en 2000.

Et un extrait du fameux sketch de Raymond Devos intitulé « L’ombre d’un doute ».

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