Le dessin de Jonaten du 13-04
Le dessin de Jonaten du 13-04 © Jonaten / Jonaten

Vu hier soir, Denis Podalydès, époustouflant dans « Ce que j’appelle l’oubli » de Laurent Mauvignier au Studio-Théâtre de la Comédie Française, sous la pyramide du Louvre, à Paris. Courrez-y si vous pouvez ! Du coup, eu envie de relire « voix off » , cet essai dans lequel Podalydès nous dit les rencontres, les textes, les êtres, qui l’ont fait le comédien qu’il est. Extrait.

« Est-il, pour moi, lieu plus épargné, abri plus sûr, retraite plus paisible, qu’un studio d’enregistrement ? Enfermé de toutes parts, encapitonné, assis devant le seul micro, à voix haute (…) deux ou trois heures durant, je lis les pages d’un livre. Le monde est alors celui de ce livre. Le monde est dans le livre. Le monde est le livre. Les vivants que je côtoie, les morts que je pleure, le temps qui passe, l’époque dont je suis le contemporain, l’histoire qui se déroule, l’air que je respire, sont ceux du livre.

J’entre dans la lecture. (…)

Nacelle ou bathyscaphe, le réduit sans fenêtre où je m’enferme autorise une immersion ou une ascension totales. Nous descendons dans les profondeurs du livre, montons dans un ciel de langue. Je confie à la voix le soin de me représenter tout entier. Les mots écrits et lus me tiennent lieu de parfaite existence.

Discret, indirect, différé, antispectaculaire, cet exercice trouvera, plus tard, sa fin dans un disque. Ils seront peu nombreux pour l’écouter, bien sûr. »

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Eh bien justement, ce matin cher Denis Podalydès, ce sont les centaines de milliers d’auditeurs de France Inter qui vont vous entendre, dans cet extrait de «Et on tuera tous les affreux » de Boris Vian.

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Ce que j'appelle oubli -de Laurent Mauvignier

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