Le dessin de Jonaten du 13-02
Le dessin de Jonaten du 13-02 © Jonaten / Jonaten

Tous ces cris, toutes ces poitrines soulevées à l’unisson. Tous ces Grecs qui s’époumonent pour dire leur rejet d’un énième plan d’austérité leur promettant, eux qui ont déjà vu baisser de moitié leur niveau de vie en deux ans, un nouveau coup de matraque sur la tête… Toute cette colère impuissante comme des images en boucle depuis 2010 et rien ne change. Les fonctionnaires une nouvelle fois visés, 15 000 sur les 400 000 que compte le pays, vont être « mis en réserve », comme ces choses sont élégamment dites. Au passage, ils perdront 40% de leur salaire de base avant d’être tout simplement licenciés, d’ici un ou deux ans. Pour les autres, le serrage de ceinture continue. Les salaires du privé sont également touchés par les restrictions. 22% de moins pour un salaire minimum déjà parmi les plus bas d’Europe. -32% même, pour les moins de 25 ans, ceux qui ont la chance de travailler, c'est-à-dire un jeune sur deux en Grèce. Un milliard d’euros d’économie sur les dépenses de médicaments pour une population déjà privée de soins publics de qualité, faute de moyens. Le FMI et l’Union Européenne réclament toujours aux Grecs des privatisations massives censées rapporter 4 milliards et demi d’euros. En revanche, on cherchera en vain les efforts demandé à l’Eglise, dont le patrimoine est évalué, sans compter les riches paroisses, entre 700 millions et 1 milliard d’euros… L’Eglise qui affirme avoir fourni pour 100 millions d’euros de repas aux plus démunis en 2010. La Grèce ne baissera que de 300 millions d’euros ses dépenses militaires, estimées à plus de 7 milliards d’euros en 2010. Elles ont continué à augmenter malgré la survenue de la crise. La Grèce, Elada, engagée dans une course à l’armement sans fin avec la Turquie qui menace, selon elle, son intégrité territoriale. Au profit de quels marchands de canons, cette course ? Athènes est le premier client de l’Allemagne et le troisième client de la France, sur le marché des ventes d’armes.

© Audrey Pulvar

Difficile de ne pas vous parler de Withney Houston ce matin. Loin de la caricature de la chanteuse de soupe sentimentale froide et commerciale, un extrait de la chanson «I learned from the best », a capella.

Parce qu’aussi, peut-être, avons-nous à apprendre du peuple grec.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.